Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
22
JPEG-Download
 

»jtuatif»n (Inespérée. Les Français ne furent jamais sur lepoint d'être plus puissan», et l’élite de l’année ennemie étaitperdue sans ressourre; elle eût trouvé son tombeau dans cesvastes contrées qu’elle avait si impitoyablement saccagées,lorsque la trahison du duc de Rnguse livra la capitale et dés-organisa l’armée. La conduite inattendue de ces deux géné-raux qui trahirent à la fois leur patrie, leur prince et leurbienfaiteur, changea le destin de la guerre. La situationdésastreuse de l’ennemi était telle, qu’à la lin de l’affaire qui«ut lieu devant Paris , il était sans munitions, par la séparationde ses parcs de réserve.

Dans ces nouvelles et grandes circonstances, mon cœur futdéchiré: niais mon âme resta inébranlable. Je ne consultaique l’intérêt de la patrie: je m’exilai sur un rocher au milieudes mers: nia vie vous était et devait encore vous être utile,je ne permis pas que le grand nombre de citoyens qui voulaientm’accompagner partageassent mon sort; je crus leur présenceutile à la France , et je n’emuieuai avec moi qu’uue poignée debraves, nécessaires à ma garde.

Elevé nu trône par votre choix, tout ce qui a été fait sansvous est illégitime. Depuis vingt-cinq ans la France a denouveaux intérêts, de uouveiles institutions, une nouvellegloire qui ne peuvent être garantis que par un gouvernementnational et par une dynastie née dans ces nouvelles circon-stances. Un prince qui régnerait sur vous, qui serait assissur mou trône par la force des mêmes armées qui ont ravagénotre territoire, chercherait en vain à s’étayer des principes dud'sfit féodal, il ne pourrait assurer l’honneur et les droits qued’un petit nombre d'individus ennemis du peuple qui depuisvingt-cinq ans les a condamnés dans toutes nos assembléesnationales. Votre tranquillité intérieure et votre considé-ration extérieure seraient perdues à jamais.

Français ! dans mon exil, j'ai entendu vos plaintes et vosvœux; vous réclamez ce gouvernement de votre choix quiseul est légitime. Vous accusiez mou long sommeil, vous mereprochiez de sacrifier à mou repos les giuuds mtéiêts de lapatrie.

J’ai traversé les mers au milieu des périls de tonte espèce;j’arrive parmi vous, reprendre mes droits qui sont le» vôtres.Tout ce que des individus ont fait, écrit ou dit depuis la prisede Paris , je l’ignorerai toujours; cela n’influera en rien sur lesouvenir que je conserve des services importuns qu’ils ontrendus, car il est des événemens d’une telle nature qu’ils sontau-dessus de l’organisation humaine.

Français ! il n’est aucune nation, .quelque petite qu’ellesoit, qui n’ait eu le droit et ne se soit soustraite au déshonneurd’obéir à un prince imposé par un ennemi momentanément