25
notrepè re ; je ne vis que pour l’honneur et le bonheur de laFrance . Mon retour dissipe toutes vos inquiétudes; il ga-rantit la conservation de toutes les propriétés. L’égalité entretoutes les classes, et les droits dont vous jouissiez depuis vingt-cinq ans, et après lesquels nos pères ont tous soupiré, formentaujourd’hui une partie de votre existence.
Dans toutes les circonstances où je pourrai me trouver, jeme rappelerai toujours, avec un vif intérêt, tout ce que j’aivu en traversant'votre pays.
Par l’empereur,
Le grand-maréchal faisant les fonctions de major-généralde la grande-armée,
(Signé) Bertrand,
Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions de l’em-pire, empereur des Français , etc..etc. etc.
Aux habitans du département de l’Isère .
Citoyens, ■
Lorsque, dans mou exil, j’appris tous les malheurs qui pe-saient sur la nation, que tous les droits du peuple étaientméconnus, et qu’il me reprochait le repos dans lequel je vivais,je ne perdis pas un moment. Je m’embarquai sur un frêlenavire; je traversai les mers au milieu des \aisseaux de guerrede différentes nations; je débarquai sur Le sol de la .patrie, etje n’eus en vue que d’arriver avec la rapidité de l’aigle danscette bonne ville de Grenoble , dont le patriotisme et l’attache-ment à ma personne m’étaient particulièrement connus.Dauphinois! vous avez rempli mon attente.
J’ai supporté, non sans déchirement de coeur, mais sansabattement, les malheurs auxquels j’ai été en proie il y a unan: le spectacle que m’a offert le peuple sur. mon passage m’avivement ému. Si quelques nuages avaient pu arrêter lagrande opinion que j’avais du peuple Français , ce que j’ai vum’a convaincu qu’il était toujours digne de ce nom de GrandPeuple dont je le saluai il y a plus de vingt ans.
Dauphinois! sur le point de quitter vos contrées pour merendre dans ma bonne ville de Lyon , j’ai senti le besoin de vousexprimer toute l’estime que m’out inspirée vos sentiinens«levés. Moll cœur est tout plein des émotions que vousy avez fait naître; j’en conserverai toujours le souvenir.
Par l’empereur,
Le grand maréchal, faisant les fonctions de major-généralde la grande-armée.
(Signé)
E
Bertrand.