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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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partis de Paris et que la capitale était libre. 11 partit sur-le-champ pour s’y rendre; il est entré aux Tuileries à neufheures du soir, au moment où on l’attendait le moins.

Ainsi s’est terminée, sans répandre une goutte de sang, sanstrouver aucun obstacle, cette légitime entreprise, qui a rétablila nation dans ses droits, dans sa gloire, et a effacé la souil-lure que la trahison et la présence de l’étranger avaient ré-pandue sur la capitale; ainsi s’est vérifié ce passage del’adresse de l’empereur aux soldats: que l'aigle, avec les cou-leurs nationales, volerait de clocher en clocher jusqu’aux toursde Notre-Dame.

En dix-huit jours, le brave bataillon de la garde a franchil’espace entre le golfe Juan et Paris , espace qu’eu terns ordi-naire on met 45 jours à parcourir.

Arrivé aux portes de Paris , l’empereur vit venir à sa ren-contre l’armée toute entière que commandait le duc de Berri.Officiers, soldats, généraux, infanterie légère, infanterie deligne, lanciers, dragons, cuirassiers, artillerie, tous vinrent au-devant de leur géuéral que le choix du peuple et le vœu del’armée avait élevé à l’empire, et la cocarde tricolore fut ar-borée par chaque soldat qui l’avait dans son sac. Tous fou-lèrent aux pieds cette cocarde blanche qui a été pendant 25ans le signe de ralliement des ennemis de la France et dupeuple.

Le 21* aune heure après-midi, l’empereur a passé la revuede toutes les troupes qui composaient l’armée de Paris . Lacapitale entière a été témoin des sentimens d’enthousiasme etd’attachement qui animaient ces braves soldats. Tous avaientreconquis leur patrie ! Tous étaient sortis d’oppression !Tous avaient retrouvé dans les couleurs nationales le souvenirde tous les sentimens généreux qui ont toujours distingué lanation française. Après que l’empereur eut passé dans lesrangs, toutes les troupes furent rangées en bataillons carrés.

“ Soldats, dit l’Empereur, je suis venu avec GOO hommesen France parce que je comptais sur-l’amour du peuple et surle souvenir des vieux soldats. Je n’ai pas été trompé dansmon attente ! Soldats ! je vous en remercie. La gloire dece que nous venons de faire est tout au peuple et à vous ! Lamienne se réduit à vous avoir connus et appréciés.

“ Soldats, le trône des Bourbons était illégitime, puisqu’ilavait été relevé par des mains étrangères, puisqu’il avait étéproscrit par le voeu de la nation exprimé par toutes nos as-semblées nationales ; puisqu’entin il n’otfrait de garantiequ’aux intéiêts d'un petit nombre d’hommes arrogans dontles prétentions sont opposées à nos droits. Soldats, le trôneimpérial peut seul garantir les droits du peuple, et surtoutle premier de nos intérêts, celui de notre gloire. Soldats, nousallons marcher pour chasser du territoire ces princes auxiliaires