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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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27 Mars , 1815.

Paris , le 26 Mar».

Aujourd’hui dimanche 26 Mars, Sa Majesté l’empereur areçu, avant la messe, au palais des Tuileries , les ministres quiont été introduits dans le cabinet de Sa Majesté.

Le prince archi-chancelier de l’empire, portant la parole aunom des ministres, a parlé en ces termes :

“ Sire,

“ Les ministres de Votre Majesté viennent vous offrir leur*respectueuses félicitations.

“ Lorsque tous les cœurs ressentent le besoin de manifesterleur admiration et leur joie, nous avons cru devoir consignernos opinions et l’expression de nos seutimens dans l’adresse quej’ai l’honneur de vous présenter.

“ Puisse Votre Majesté accueillir cet hommage de ses fidèlesserviteurs, de ses serviteurs si cruellement éprouvés, mais sicomplcttemeut dédommagés par votre présence, et par toutesles espérances qui s'v trouvent attachées!’.’

Adresse des ministres de S. M.

“ Sire,

“ La providence qui veille sur nos destinées, a rouvert à V.M. le chemin de ce trône oh vous avait porté le choix libre dupeuple et la reconnaissance nationale. La patrie relève sou frontmajestueux ; elle salue pour la seconde fois, du nom de libéra-teur, le prince qui détrôna l’anarchie, et dont l’existence peutseule aujourd’hui consolider nos institutions libérales.

“ La plus juste des révolutions, celle qui devait randre àl’homme sa dignité et tous ses droits politiques, a précipité dutrône la dynastie des Bourbons ; après vingt-cinq ans de troubleset de guerre, tous les efforts de l’étranger n’ont pu réveiller desaffections éteintes ou tout-à-fait inconnues à la génération pré-sente: la lutte des intérêts et des préjugés d’un petit nombrecontre les lumières du siècle et les intérêts d’une grande nationest enfin terminée.

“ Les destins sont accomplis; ce qui seul est légitime, lacause du peuple a triomphé. V. M. est rendue au vœu desFrançais , elle a ressaisi les rênes de l’état au milieu des béné-dictions du peuple et de l’armée.

“ La France, Sire, en a pour garans sa volonté et. ses plutchers intérêts: elle en a pour garant tout ce qu’a dit V. M. aumilieu des populations qui se pressaient sur sou passage.

‘ Les Bourbons n’ont rien su oublier ; leurs actions et leurconduite démentaient leurs paroles. V. M. tiendra la sienne, ellene se souviendra que des services rendus à la patrie ; elle prou-vera qu’à ses yeux et dans son cœru, quelles qu’aient été les opi-