MINISTÈRE I)E I.A Cl ERRE.
Extrait de la Conespondaucc.
L'enthousiasme est ici à son comble; l’Alsace entière s’y estlivrée avec une énergie et une unanimité inexprimables, en ap-prenant l’entrée de l’empereur dans sa capitale. RI. le maré-chal duc d’Albuf’era a donné l’ordre suivant qui a été reçu auxcris de vive l'empereur !
ORDRE DU JOUR.
Soldats!
A la première nouvelle du retour de notre auguste empereuren France , vous avez éprouvé une vive joie, vous avez témoignél’ardent désir de reprendre la cocarde nationale, que pendantvingt-cinq ans vous avez portée avec gloire dans toutes les par-ties du monde. Je suis pénétré des marques de confiance quevous m’avez données, et de la bonne discipline que vous n’avezpas cessé d’observer. Toutes vos demandes me sont parve-nues, et c’est au motnent oit je puis vous a-surer que l’empe-reur Napoléon est rentré dans Paris , au milieu de l'enthou-siasme public et sans qu’une seule goutte de sang ait été versée,que je tue plais à partager vos vœux et à vous faire connaître ledécret impénal du 13 du courant, qui rend à la nation la co-carde de la victoire. I.'empereur vient pour éterniser le sou-venir des grandes actions qui ont illustré l'armée et que l’onvoulait effacer. Quatre-vingts mille soldats marchent aveclui ; de toutes parts ils accourent à sa voix et viennent se rangersous ses aigles tutélaires.
Le cause de l’empereur est celle de la nation et la nôtre.En s’affermissant sur le trône, Napoléon assurera à la France ces constitutions, son indépendance et la paix. Que jamaisl’étranger ne puisse influer sur la forme de notre gouvernement;que cette honte n’atteigne jamais un peuple généreux et brave.C’est le gage le plus certain du repos de nations.
Soldats, et vous valeureux Alsaciens , qui avez fait de sigrands sacrifices pour défendre votre province, vous ne souffri-riez pas que les étrangers vinssent porter une seconde fois leravagedans vos champs. Nous ne franchirons pas nos limites,mais nous combattrons à outrance toux ceux qui viendraientdans notre belle France pour nous dicter des lois. Le patrio-tisme de la nation toute entière se développera ; chacun vo-lera aux armes et combattra pour l’indépendance nationale etla paix.
Braves gardes nationales, habitans de l’Alsace , vous avezpartagé l’impatience des troupes de ligne ; livrez-vous à vosvœux en arborant la cocarde tricolore, signe de ralliement detout bon Français . Vive l'empereur J
A Strasbourg, le 23 Mars , 1815.
Le maréchal duc (I’Ai.bufera.