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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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4 Avril, 1813.

MINISTÈRE DE TA POLICE GÉNÉRALE.

Circulaire à MM. les préfets.

Paris, le 31 Mars , 1815.

Monsieur le préfet, il m’a paru nécessaire de déterminerle but et la nature des relations qui vont s’établir entre vouset moi.

Les principes de la police ont été subvertis ; ceux de h mo-rale et de la justice n’ont pas toujours résisté à l’influeri'e despassions. Tous les actes d’un gouvernement né de la tuhisonont dû porter l’empreinte de cette origine. Ce n’était pas seule-ment par des mesures publiques qu’il pouvait flétrir les souve-nirs les plus chers à la nation, préparer des vengeances, ex-citer des haines, briser les résistances de l’opinion, rétablir ladomination des privilèges et anéantir la puissance tntélai'e deslois : ce gouvernement, pour accomplir ses intentions, a misenjeu les ressorts sécrets d’une tyrannie subalterne, de toutesles tyrannies la plus insupportable. On l’a vu s’entouier dedélateurs, étendre ses recherches sur le passé, pousser ses mys-térieuses inquisitions jusqu’au sein des familles, effrayer pardes persécutions clandestines, semer les inquiétudes sur toutesles existences, détruire enfin par ses instructions confiden-tielles l’appareil imposteur de ses promesses et de ses procla-mations.

De pareils moyens blessaient les lois et les moeurs de laFranfce : ils sont incompatibles avec un gouvernement dont lesintérêts se confondent avec ceux des citoyens.

Chargée de maintenir l’ordre public, de veiller à la sûreté del’état et à celle des individus, la police, avec des formes diffé-rentes, ne peut avoir d’autre règle que celle de la justice; elleen est le flambeau, mais elle n’en est pas le glaive : l’une pré-vient ou réprime les délits que l’autre ne peut punir ou ne peutatteindre : toutes deux sont instituées pour assurer l’exécutiondes lois et non pour les enfreindre; pour garantir la libellé descitoyens et non pour y porter atteinte; pour assurer la sécuritédes hommes honnêtes et non pour empoisonuer la source desjouissances sociales.

Ainsi, Monsieur, votre surveillance ne doit s’étendre au-delà de ce qu’exige la sûreté publique ou particulière, ni s’em-barrasser dans les détails minutieux d’une curiosité sans objetutile, ni gêner le libre exercice des facultés humaines et desdroits civils, par un système violent de précautions que les loisn’autorisent pas ; ni ne se laisser entraîner par des présomptionsvagues et des conjectures hasardées à la poursuite de chimèresqui s’évanouissent au milieu de l’effioi qu’elles occasionnent.Votre correspondance, réglée sur les mêmes principes, doitsortir de la routine de ces rapports périodiques, de ces aper-