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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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8ô

midi. Il a été témoin de l'entrée du duc d’Angoulême danscette ville, l.es choses se sont passées de la manière sui-vante :

Le S à 7 heures du matin, aux dernières maisons du fau-bourg Sauinier, ont paru un officier, suivi d’un chasseur du14e, quelques minutes après trois officiers ; puis M, le comteDa, nas. accompagné de deux aides-de-camp. Il est revenuun moment après avec le maire et le corps municipal. Leprince était précédé de 15 à 20 gardes d’honneur, de quel-ques gendarmes, de 3 à 400 gardes nationaux environ, du 1errégiment étranger, fort de 2 à 300 hommes, d’une compagniede voltigeurs et de grenadiers du 10e de ligne. Derrière lacompagnie de grenadiers était l’état-major du prince, A sasuite les compagnies du centre du bataillon, dont deux précé-daient son état-major; puis un corps d’environ 1200 volon-taires; une compagnie de canonniers, 8 pièces d’artillerie etune dixaiue de caissons; encore un corps de 3 à 400 volon-taires, en tin les 2 autres bataillons du 10e de ligne, en tout 4à 5000 hommes. Le prince était accompagné d’un généralespagnol qui a péroré le peuple, et lui a dit qu’une arméeespagnole était déjà entrée en France pour soutenir la causedes Bourbons. On a aussi affiché une lettre du comte d’Os-mond, ambassadeur du roi en Piémont, qui annonce avoirreçu une lettre du congrès, par laquelle on lui fait connaîtreque trois armées vont entrer en France pour rétablir le roi,l’une par les Pays-Bas , sous les ordres de Wellington, la se-conde par le duché de Luxembourg , sous les ordres du princeSchwartzenberg. Toutes ces faussetés débitées avec assuranceont porté l’iudignatien du peuple au plus haut point. Pré-tend-on, disaient les habitans de Valence , nous traiter commeles Génois, nous vendre ou nous donner selon les convenancesou les complaisances des membres du congrès? Le sang fran-çais ne coule-t-il plus dans nos veines?

Led uc d’Angoulême n’a avec lui qu’un ramassis de canaille,auquel on donne quarante sous par jour. La plupart sont duLanguedoc . B n’a que six cents Marseillais. Les autres Mar-seillais ont marché du côté de Gap. Le comte d’Escars com-mande son avant-garde. Il paraît qu’il a avec lui le généralMonnier.

Il a nommé préfet de Valence le sieur Delaboissière, quiétait sous-préfet de Montélimart.

Le baron de Damas a été nommé gouverneur du départe-ment de la Drôme .

Lorsque les habitans de Valence ont vu le peu de troupesqu’avait le duc d’Angoulême et leur mauvaise composition, il*se sont repentis de ne pas avoir ft rmé leurs portes; mais lesrassemblemens qui se forment de tous côtés dans le Dauphiné,et qui s’avancent sur les derrières de l’armée du duc d’Angou-lême , rendent sa position très-cri tique.