Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
131
JPEG-Download
 

131

leur étaient ouvertes ; les autres ont déserté une cause quileur paraissait étrangère et abandonné une carrière où désor-mais tout espoir d’avancement leur était interdit.

Ils n’auront pas moins rendu des services importans à lac-ause de la liberté. Ils ont soutenu le courage du peuple etlai résistance opposée de toutes parts aux prétentions orgueil-leuses des classes anciennement privilégiées ; ils ont préparéle triomphe du héros de la F rance; qu’ils s’arment aujourd'huipour achever et défendre leur ouvrage. *

Le décret du 28 Mars les rappelle sous les drapeaux, et ilsn’ont plus à craindre d’être condamnés à vieillir dans l’obscu-rité des rangs. Les grades, les honneurs ne sont plus réservésà la noblesse de naissance, cette fois abolie pour toujours: ilsredeviennent la récompense et le patrimoine commun du cou-rage, des talens et des longs services.

Vous remarquerez, monsieur le préfet, que le décret nes’adresse point à des hommes nouveaux, mais à ceux qui con-naissent le métier des armes et qui ont quitté l'armée pourquelque cause que ce soit.

Une ordonnance du 9 Mars leur avait déjà prescrit de re-joindre et de former des bataillons de réserve. Alors ont-ils purefuser de se rallier pour une famille qui voulait exciter laguerre civile, et dont les malheureuses destinées sont depuisvingt ans de déchirer le sein de la France .

C’est aujourd’hui sous les couleurs nationales, sous les aiglesvictorieuses qu’ils doivent se réunir pour leur propre intérêt,pour la tranquillité de leurs foyers, pour la gloire et l’indé-pendance de la patrie.

Nous sommes en paix. L’empereur a solennellement pro-clamé l’intention de maintenir le traité de Paris ; quel estdonc le butde ces préparatifs hostiles au-delà de nos frontières?Quand nous ne voulons prendre aucune part aux arraugemetisintérieurs des états voisins, les états voisins prétendraient-ilss’arroger le droit de diriger nos affaires domestiques ? Est-cepar des menaces, par les armes et par des maîtres de leurchoix qu’ils veulent dominer la France ?

Et quels rois, quelles nations pourraient voir sans effroi uneviolation aussi inouïe de l’indépendance et des principes quifont la sûreté de toutes les nations et de tous les gouverne-tnens ! Quel peuple, s’il n’est abruti par une longue servi-tude, pourrait consentir à recevoir un monarque des mains del’étranger !

11 n’y a pas un siècle que des princes rappelés sur le trônepar une poignée de factieux, eu fuient chassés de nouveaupar la volonté du peuple. Nos pères ont vu les Stuarts fati-guant la pitié des cours de l’Europe et mendiant honteusementleurs secours. Ils ont vu l’Angleterre affronter les menaces etles armes du Continent, échapper par ce dernier acte de cou-

S 2