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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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paraître cette tache et rendre tout leur éclat à l’honneur et àla gloire de la France .

“ Soldats de la garde nationale, ce matin même le télé-graphe de Lyon m’a appris que le drapeau tricolore flotte àAntibes et à Marseille . Cent coups de canon, tirés sur toutesnos frontières, apprendront à l’étranger que nos dissentionsciviles sont terminées; je dis les étrangers, parce que nous neconnaissons pas encore d’ennemis. S’ils rassemblent leurstroupes, nous rassemblerons les nôtres. Nos armées sonttoutes composées de braves qui se sont signalés dans plusieursbatailles, et qui présenteront à l’étranger une frontière de fer;tandis que de nombreux bataillons de grenadiers et de chas-seurs des gardes nationales garantiront nos frontières. Je neme mêlerai point des affaires des autres nations : malheuraux gouvernemens qui se mêleraient des nôtres ! Des reversont retrempé le caractère du peuple fiançais; il a repris cettejeunesse, cette vigueur qui, il y a vingt ans, étonnait l’Eu-rope .

“ Soldats, vous avez été forcés d’arborer des couleurs pros-crites par la nation. Mais les couleurs nationales étaient dansvos cœurs. Vous jurez de les prendre toujours pour signe deralliement et de défendre ce trône impérial, seule et naturellegarantie de nos droits. Vous jurez de ne jamais souffrir quedes étrangers, chez lesquels nous avons paru plusieurs foisen maîtres, se mêlent de nos constitutions et de notre gou-vernement. Vous jurez enfin de tout sacrifier à l’honneur età l’indépendance de la France .”

Nous le jurons ! tel a été le cri unanime de toute la gardenationale.

Ce discours a été fréquemment interrompu par les marquesdu plus vif enthousiasme qui avait éclaté dès le commence-ment de la revue et qui s’est manifesté pendant toute sa durée.

Quoique la garde nationale marchât au pas accéléré, elle amis plus de deux heures à défiler devant l’empereur.

18 Avril, 1815.

, Toulon , le 11 Avril.

Notre ville est animée du plus vif enthousiasme. Toutesles campagnes du Var partagent les senti mens du reste de laFrance . L’explosion de leur joie est d’autant plus fortequ’elle avait plus long-tems été comprimée. On est heureuxenfin de pouvoir laisser éclater cette affection unanime et pro-fonde que dans la ville surtout on ne pouvait manifester quedans l’intérieur des familles.

Marseille est dans l’étonnement. Nous savons qu’elle con-çoit à peiue cette résistance qui n’aurait pas eu de durée sans