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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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On voulait remuer les cendres du camp de Jalès et de laVendée, rallier les débris de l’insurrection de la Bretagne ,et de la Normandie , comprimer le peuple par la terreur, etle ramener par la violence à la barbarie des siècles féodaux.

Tout se dirigeait vers l’accomplissement de ce projet. Letrésor se dissipait en récompenses pour des dévouemens crimi-nels, et des services que la patrie ne connaissait pas ou qn’elledésavouait. Les emplois, les pensions, les honneurs, étaientprodigués à des individus obscurs, chargés de la haine pu-blique, flétris dans l’opinion, tandis que des écrivains, desministres même de la religion, alarmaient les consciencestimides, ébranlaient le système des propriétés, et attaquaientles lois que le chef de l’église leur avait fait un devoir de res-pecter.

Cette violation de l’ordre social, ce mépris de la moralecommune, cet oubli des principes de la politique la plus simple,devaient amener un soulèvement général. Il était imminent;il allait entraîner la perte des hommes imprudens et présomp-tueux qui le provoquaient. Ils vous doivent encore une foisleur salut.

Je ne rappelerai point ces prodigieux effets de l’assenti-ment du peuple et de l’armée ; toute la population de l’estse pressant sur vos pas, toutes les tentatives de guerre civileéchouées dans l’ouest et dans le midi, la milice royale dis-soute, désarmée, dissipée sans résistance et dans l’espace dequelques jours, le peuple réintégré dans ses droits, ses enne-mis réduits au silence, le calme partout rétabli.

Cependant il n’était pas naturel de penser que tous lesgermes de discorde fussent entièrement détruits ; que tant degens pussent voir leurs espérances s’évanouir sans conserverquelques regrets ; que les privilégiés dont la royauté s’étaitentourée pussent supporter le licenciement sans murmures;que des hommes liés, depuis un an, par des enrôlernens secrets,excités au désordres par des distributions et des promessesd’argent, reprissent tout-à-coup les habitudes d’une vie pai-sible, et qu’enfin ceux qui avaient déjà violé la foi de plusieursamnisties se montrassent aujourd'hui moins ingrats ou plusfidèles.

Les événemens ont justifié cette prévoyance.

Considérée sous un point de vue général, la France présenteun imposant spectacle et les dispositions les plus favorables.Elle veut la paix mais ne sacrifiera pas sa gloire et son indé-pendance. Comme en 1792, elle veut jouir de la liberté civileet des avantages du régime représentatif; mais, éclairée parl’expérience, elle sent que cette jouissance ne peut lui êtregarantie que par un gouvernement puissant et ferme. Commeen 1792» elle est intérieurement agitée par un parti qui n’atien perdu de ses prétentions, mais (pii n'a plus ni la même