Buch 
[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
Entstehung
Seite
160
JPEG-Download
 

160

force ni la même influence ; qui se plaint sans cesse des ri-guenrs dont il fut l’objet, mais qui doit se rappeler qu’il lesprovoqua par ses iutrigus, ses résistances et ses fureurs.

D’où sont nées en effet ces lois terribles qui frappèrent lesémigrés, les insurgés et leurs familles? n’est-ce pas de la né-cessité où se trouvèrent nos assemblées nationales de punirdes attentats, d’arrêter des complots, de rompre des corres-pondances, contre lesquelles les lois ordinaires étaient insuf-fisantes?

Les leçons du passé semblent perdues. Les hommesauxquels vous vouliez rendre une patrie, qui vous doivent l’étatpolitique et le repos qui leur ont été assurés, ces hommes, Sire,quel’. M. a, pendant les douze premières années de son régne,tâché de réconcilier avec la nation, semblent avoir voulu seséparer d’elle et renoncer à vos bienfaits.

Jusqu’ici la police de votre empire s’est bornée à observerleuis démarches : dans plusieurs endroits elle a dû les garantirdes ressentimens populaires. La police, instituée pour lebien de tous ne connaît ni les haines locales, ni les fautesque le prince a oubliée*. Destinée à réprimer les atteintesportées à l’ordre social, elle n’en viole pas les principes enprenant ses craintes pour des soupçons et ses soupçons pourdes faits.

Ainsi elle n’a point prématurément attenté à la liberté indi-viduelle de ceux qu’elle devait présumer en état de conspira-tion contre la •liberté publique. Loin de restreindre l’indé-pendance des écrivains, elle a rappelé dans la carrière polé-mique ceux que la honte et la crainte en avaient éloignés.Elle a retiré de cette modération et de son respect pour leslois l’immense avantage d’éclairer la nation sur ses véritablesdangers et ses véritables intérêts ; d’affaiblir par la publicitél’importance que le mensonge et la calomnie obtiennent dumystère et de la clandestinité ; de connaître les foyers, les res-sorts, les agens des intrigues, et les laisser se tramer et se dé-velopper sans la gène d’une surveillance sensible.

Toutefois, il est tems de mettre un terme aux manœuvresqui se pratiquent. Les émigrations commencent, les corres-pondances s’établissent à l’extérieur ; elles se débitent et cir-culent au-deduns; des comités se forment dans les villes; oncherche à répandre des inquiétudes dans les campagnes.

Si, lorsque de semblables symptômes se manifestèrent pourla première fois en France , on eût arrêté le mal dans son prin-cipe ; si, au lieu de se borner à des menaces et de suivre lesconseils d’une indulgence temporatrice, l’autorité eût déployétoute la puissance dont elle est investie, la patrie n’aurait pasà été entraînée sur le bord de l’abyme, on n’aurait pas à dé-plorer les mesures de violence auxquelles les gouvernemensd’alors furent contraints d’avoir recours, et que la gravité descirconstances peut à peine justifier.