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Au reste, des désordres réels paraissent le résultat des ma-nœuvres qu’on observe.
Dans une commune du département du Gard , quelques in-dividus attroupés ont, un instant, arboré le drapeau blanc.Quelques bandes armées ont paru dans les départemens deMaine-et-Loire et de la Loire-Inférieure .
Des femmes, dans le Calvados , ont déchiré le drapeau tri-colore d’une commune.
Des cris séditieux se sont fait entendre; quelques actes derébellion ont eu lieu dans le département du Nord .
Dans celui des Côtes-du-Nord , un maire a été massacré pardeux anciens chouans.
Ces délits répandent l’alarme dans les lieux où ils se com-mettent. Je sais qu’ils se rattachent aux efforts qu’on a faitsdepuis un an, pour réveiller les haines révolutionnaires et réta-blir la guerre civile. Ils ne dépendent point exclusivementdu changement politique qui vient de s’opérer sans obstacles;ils ne menacent pas la sûreté de l’état; ils ne caractérisent pasmême un parti subsistant et formé.
Certes, ceux qui attaquent les propriétés et se livrent à desassassinats, ceux qui rompent tous les liens qui les attachent àla France , et la dévouent au fer des étrangers et aux discordesde l’intérieur ; ces hommes n’ont rien de français . Ils peu-vent suivre les opinions, seconder les vœux de quelques com-plices ; mais ils n’ont point de partisans. Tous les gens debien, tous les amis de l’ordre et de la paix, quelles que soientleurs vues politiques, tous détestent l’atrocité de pareils actes;tous sont intéressés à ce que ces désordres ne se propagent pas,et désirent qu’ils soient réprimés avec une sévérité capabled’en arrêter le cours.
Je ne propose point à V. M. de prendre des mesures ex-traordinaires ou d’excéder les bornes du pouvoir constitu-tion nel.
Il y a quelques mois que des tribunaux ont puni de la dé-portation et de quatre ans d’exil les cris de vive l'empereur;ceux de vive le roi restent aujourd’hui sans poursuites, ou nesout punis que par voie de simple police ; cette modération estle signe de la puissance. Mais les tribunaux ne peuvent, surd’autres points, rester indécis et incertains, sans manquer àleurs devoirs, et sans détruire le concert d’intentions quianime le peuple et le gouvernement.
Déjà, dans plusieurs communes de la France , des acqué-reurs des domaines nationaux, dont rien ne menace la tran-quillité, ont, présenté des soldats armés à leurs frais pour lasûreté de tous.
La jeunesse bretonne, pour la défense du trône et de la pa-trie, a renouvelé le pacte fédératif de Pontivy . Ce généreux
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