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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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dérobe à la surveillance de la police ; c’est par de» insinuationsspécieuses, des fausses nouvelles, qu’ils tentent d’ébranler la fidé-lité des troupes.

L’armée frémira d’indignation, en apprenant que ces agens,sans honte et sans patrie, se disent cependant les bons Français ,et qu’ils vont jusqu’à mettre à prix d’argent l'honneur de nos sol-dats, dont la bravoure et le patriotisme ont, jusqu’à présent,excité l’admiration chez nos ennemis mêmes. Ces misérables,dans un écrit jeté à Cambray, offrent 80 francs à un cavalierfrançais , et 20 francs à un fantassin, s’ils abandonnent leurs ai-gles pour passer dans une ville frontière!. Voilà le prix

qu’ils mettent à un vainqueur d’Ulm, d’Austerlitz, d’Jéna, deFriedland, de la Moskowa!. On a donc oublié que les sol-

dats français ne désertaient pas en 1792, et 1793; ou bien croit-on qu’ils seront moins Français en 1815? L’on verra que lesmêmes circonstances ramèneront la même énergie, le même en-thousiasme, et que l’amour sacré de la patrie fera faire aujour-d’hui aux armées françaises des prodiges encore plus grands,parce qu’elles auront à leur tête un chef consommé dans l’art devaincre.

Le général en chef ne peut pas faire aux troupes qu’il com-mande l’injure de les croire accessibles aux propositions desémigrés ou des étrangers, oe qui est la même chose, car il saitbien que, depuis le retour de l’empereur, ceux qui l’ont vouluont usé assez librement de tous les moyens d’affaiblir la fidélitéet les espérances de l’armée. Et où sont cependant, non pas lescorps, mais les soldats qui ont déserté? Ils ne sont que daus lesgazettes étrangères et dans les calomnies de quelques Français dénationalisés ; mais 1’iinpudence de ceux qui font ces proposi-tions devient telle, qu’il faut rechercher et connaître les agensde nos ennemis, les arrêter et les livrer aux conseils de guerre ;l’honneur et la magnanimité de l’armée demaudent enfin une ré-paration.

MM. les généraux et chefs des corps donneront en consé-quence des instructions et des consignes particulières dans leurscamps ou cantonne mens, afin que tout individu colporteur deprovocations à la désertion, à la rébellion, ou qui se présenteraitaux troupes pour leur donner de fausses nouvelles, pour les sé-duire enfin, et relâcher leur discipline, soit arrêté à l’instant etlivré, s’il y a lieu, à un conseil de guerre.

Cet ordre sera lu aux troupes assemblées, pendant trois joursconsécutifs.

Le lieutenant-général, aide-de-camp de l’empereur, com-mandant en chef le 6e corps de la 1ère division mili-taire,

(Signé)

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Comte de Lobau,