172
2-2 Mai, 181ü.
Le 26 Février, au moment de son départ de l’île d’Elbe , S. M.chargea un comité, composé du colonel Ordioni, du lieutenant*colonel et du capitaine Poli, de M. Ottavi de Bastelica Ortoli deTallano, l'abbé Renucci,, Casella etTavera, chirurgien major, dese rendre dans le département de la Corse, sous le titre de comitéd'exécution, et d’y porter ses ordres pour que le pavillon natio-nal y fût arboré sur-le-champ, que l’autorité impériale y fûtreconnue ; que le soi-disant général Bruslart, investi du gouver-nement et envoyé daus l’île, pour être à portée d’ourdir destrames dans l’île d’Elbe contre les jours de l'empereur, fût arrêtéet envoyé en France sous escorte ; que le maréchal-dc-campLaunay exerçât provisoirement le gouvernement militaire, etqu’une junte chargée de l’administration fût établie à Corté , etcomposée de MM. Pietri, cx-piéfet; Arrighi, ex-préfet; Giube-ca, préfet actuel; Casalta, maréchal-de-camp; Cation (de Corte),Costé tiis, Cecaldi, Bartholi, sous préfet ; le colonel Jean Pe-retli, Murati, Stephanini, sous-préfet ; Fabien Cuneo, et Casella,secrétaire-général. S. M. avait en même tems adressé des pro-clamations aux citoyens du département de la Corse et auxtroupes des garnisons de l’île.
Le comité d’exécution partit sur trois felouques, le 1er. Mars ,de Porto-Ferrajo, et débarqua le 8 à cinq- heures du soir à Ca-.ladéro entre Porte-Vecchio et la côte de Fiumorbo. Le chef debataillon Poli se rendit sur-le-champ dans la montagne qui estvis-à-vis la plage du débarquement et dans la commune de Sari.Il fit connaître aux habitans l’arrivée du comité d’exécution etdes ordres de l’empereur. Le pavillon tricolore fut sur-le-champarboré sur tous les clochers des pièves, et l’on intima la marchede toutes les gardes nationales. Une députation fut envoyée aulieu du département pour complimenter le comité d’exécutionet lui faire connaître que toutes les gardes nationales se mettaientsous ses ordres et reconnaissaient son autorité. Soixante hommesdes troupes de ligne de la garnison de Bonifaeio se trouvaientalors dans ia commune de Sari. Il leur fut proposé de se réunirà la garde nationale de lu Pièvc ; mais les soldats demandaient àvoir l’empereur, ou du moins quelques-uns de ses otheiers quifussent connus d’eux, 'afin de s'assurer que c’était d’après sesordres qu’on agissait. Comme il était impossible de les satis-faire, on convint avec eux d’un arrangement en vertu duquel ilsrentreraient à Bonifaeio ; ce fut aux cris de vive l'empereur !qu’ils refusèrent de prendre part à un mouvement dont le motifleur paraissait suspect.
Cependant le comité d’exécution expédia des courriers auxdifférentes pièves de l’île, pour annoncer son arrivée et sa mission.MM. Tavera et Renucci furent envoyés à l’arrondissement d’A-