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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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l’avenir; et de ces craintes pour l’avenir, on tire l’intro»duction qu’il faut agiter la génération actuelle: on déguisel’attaque sous le voile de la défense; on cache le glaive sous lebouclier.

Si nous sommes autorisés à croire qu’il est quelques cabinetsque le chagrin de la présomption déçue retient dans la fausse-route où ils ont engagé leurs souverains, il en est un sur lequeln’agissent point ces causes secondaires, et dont un sentimentprofond dirige constamment toutes les démarches. Ce cabinetest celui de Londres . Sa politique invariable n’ayant qu’unbut, l’abaissement de la grandeur française, ce que le gou-vernement britannique voulait la veille, il le veut le lendemainet dès qu’il voit une chance à nous susciter des ennemis, ondirait qu’il aurait peur de trahir ses devoirs s’il négligeait d’enprofiter. Dès le premier moment, il a été facile d’apercevoirque les résolutions du ministère anglais étaient fixées et fer-mement arrêtées. La réponse Je lord Castlereagh à la lettreque je lui avais adressée le 4 Avril (Pièce No. 3), ne pouvaitlaisser aucun doute à cet égard. En faisant communiquercette lettre aux souverains assemblés à Vienne, le ministèreanglais semblait faire dépendre sa décision de celle des alliés;mais en effet c’était son influence qui donnait le mouvementaux puissances continentales. Renvoyer nos propositions àVienne, c’était les soumettre à un tribunal dont toutes les voixétaient à ses ordres; c’était demander le calme là où il formaitlui-même les orages, et aller chercher la paix au milieu desélétnens de la guerre.

Dans le même tems que le gouvernement britannique faisaitune insignifiante réponse à la notification dont j’avais été l’or-gane, il s’occupait avec activité de ses propres préparatifs, etdes moyens d’accélérer ceux des autres puissances. Dans lespremiers jours d’Avril, sans déclarer si la question de la guerreou de la paix était déjà décidée, il faisait adopter toutes lesmesures que la certitude de la guerre aurait pu exiger: il ob-tenait le rétablissement de Vincome-tax, dont le cri publicavait nécessité la suppression : il ouvrait des emprunts, et pre-nait avec les puissances des arrangemens sur les secours pécu-niaires qu’il aurait à leur fournir. Le 8 Avril, ses intentions,qu’il avait jusque-là couvertes d’une sorte de dissimulation,se manifestèrent sans l'jserve. Il déclara aux chambres quele prince-régent avait ratifié le traité du 25 Mars, et que despouvoirs étaient envoyés aux plénipotentiaires britanniquespour signer des traités de subsides.

A l’époque du 25 Mars on avait pu à Vienne regardercomme possible le maintien de la famille des JUourbons sur letrône. La rédaction du traité, telle qu’elle était conçue, aaaitainsi un double objet, l’un de protection en faveur de cettefamille, l’autre d’opposition à l’égard de Votre Majesté.

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