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[6] (1816) Supplément au recueil des décrets, manifestes, discours, etc. de Napoléon Bonaparte et des membres de son gouvernement : contenant tout ce qui s'est passé en France pendant sa dernière usurpation en 1815 / Napoléon Bonaparte ; extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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L’état de la question étant changé pour le gouvernement an-glais , il jugea qu’il était tems de simplifier le but de la guerre.

11 modifia en conséquence le traité par l’addition d’un ar-ticle explicatif (Pièce No. 4) portant que l’Angleterre n’en-tendait pas poursuivre la guerre uniquement dans l’inten-tion d'imposer à la France un gouvernement particulier.Plusieurs motifs sans doute ont pu déterminer le ministère àcette modification ; mais le premier de ces motifs est de pré-senter à la France la personne de V. M. comme séparée de lacause du peuple français. L’Europe sait dès long-tems dequel genre d’intérêt les Bourbons ont à remercier l’Angleterre.Aujourd’hui cette puissance renonce à un déguisement inutile,lorsqu’elle trouve dans ce changement une arme de plus con-tre V. M. Que lui importe en effet la maison par laquelle laFrance sera gouvernée, pourvu que cette maison consente à seplacer dans sa dépendance? C’est l’honneur de la France ,ce sont ses libertés, ses intérêts, ses droits, que le gouverne-ment anglais attaque et veut atteindre. Si l’article explicatifpouvait être entendu dans un autre 6eus, s’il pouvait êtreregardé comme un gage véritable des égards de la cour deLondres pour l’indépendance des peuples, de quel droit cettecour viendrait-elle se placer entre le peuple français et sonsouverain ?

Ce plan d’attaque, imaginé par le ministère britannique,a paru aux cabinets des autres puissances une invention capa-ble de soulever la nation française contre V. M.: dans cetteidée, l’article explicatif est devenu pour elles un dogme com-mun, ou du moins une profession de foi commune. A lesentendre, elles ne prétendent en aucune manière gêner laFrance dans le choix de son gouvernement ; et pour gage deleur sincérité, elles nous en offrent la déclaration solennelle,revêtue même de la signature des plénipotentiaires de LouisXVlll! Elles sembleut croire que l’artificieuse distinctionqu’elles établissent entre V. M. et la nation française est unde ces traits acérés dont les blessures sont sans remède. C’estcette insignifiante subtilité, ce sophisme banal qui fait main-tenant le fond de tous leï discours du ministère britannique,le fond de tous les actes du congrès et tous les actes particu-liers des diverses cours. Votre Majesté le retrouvera dansplusieurs pièces que j’ai l’honneur de lui soumettre, savoir:

1°. Une lettre du Vicomte Clancarty au Vicomte Castle-reagh, datée de Vienne le 6. Mai. (Pièce N°. 5) ;

2 Ü . Une note de M. de Metternich , datée du 9 (Pièce

N°. G);

> Et 3°. Une nouvelle déclaration des puissances, en date du

12 du même mois. (Pièce N°. 7).

La lettre du vicomte Clancarty à lord Castlereagh, dont ilest ici question, doit son origine à l’.une des démarches que j’ai