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SECONDE QUESTION.
L’offre de sanctionner le traité de Paris peut-elle changer lesdispositions des puissances.
La France n’a eu aucune raison de se plaindre du traité deParis. Ce traité a réconcilié la France avec l’Europe ; il asatisfait à tous ses véritables intérêts, lui a assuré tous lesbiens réels, tous les élémens de prospérité et de gloire qu’unpeuple appelé à une des premières places dans le système eu-ropéen pouvait raisonnablement désirer, et ne lui a enlevé quece qui était pour elle, sous les dehors trompeurs d’un grandéclat national, une source intarissable de souffrances, deruine et de misère. Ce traité était même un bienfait im-mense pour un pays réduit par le délire de son chef à la situa-tion la plus désastreuse.
Les puissances alliées eussent trahi leurs intérêts et leursdevoirs si, au prix de tant de modération et de généros'té, ellesn’avaient pas, en signant ce traité, obtenu quelque avantagesolide ; mais le seul qu’elles ambitionnaient était la paix del’Europe et le bonheur de la France . Jamais en traitant avecBuonaparte , elles n’eussent consenti à des conditions qu ellesaccordèrent à un gouvernement "lequel, en offrant à l’Europe un gage de sécurité et de stabilité, les dispensait d’exiger de laFrance les garanties qu’elles lui avaient demandé sous son an-cien gouvernement.” Cette clause est inséparable du traité deParis ; l’abolir c’est rompre ce traité. Le consentement for-mel de la nation française au retour de Buonaparte sur letrône équivaudrait à une décli ration de guerre contre l’Eu-rope, car l’état de paix n’a subsisté entre l’Europe et laFrance que parle traité de Paris , et le traité de Paris estincompatible avec le pouvoir de Buonaparte .
Si ce raisonnement avait encore besoin d’un appui, il letrouverait dans l’offre même de Buonaparte de ratifier letraité de Paris. Ce traité avait été scrupuleusement observéet exécuté; les transactions du traité de Vienne n’en étaientque le supplément et les développemens ; et sans le nouvel at-tentat deBuonaparte, il eût été, pour une longue suite d’années,une des bases du droit public de l’Europe , Mais cet ordre dechoses a fait place à une nouvelle révolution; et les agensde cette révolution, tout eu proclamant sans cesse quiln’y a rien de changé, conçoivent et sentent eux-mêmes quetout est changé autour d’eux. Il ne s’agit plus aujourd’huide maintenir le traité de Paris, il s’agirait de le refaire. Lespuissances se trouvent rétablies envers la France dans lamême position dans laquelle elles étaient le 31 Mars 1814 .Ce n’est pas pour prévenir la guerre; car la France l’a ral-lumée de fait : c’est pour la terminer que l’on offre aujour-d’hui à l’Europe un état de choses essentiellement différent
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