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de celui sur lequel la paix fut établie en 1814. La questiona donc cessé d’être une question de droit; elle n’est plusqu’une question de calcul politique et de prévoyance danslaquelle les puissances n’ont à consulter que les intérêts réelsde leurs peuples et l’intérêt commun de l’Europe .
La commission croit pouvoir se dispenser d’entrer ici dansun exposé des considérations qui, sous ce dernier rapport, ontdirigé les mesures des cabinets. Il suffira de rappeler quel’homme qui, en offrant aujourd'hui de sanctionner le traitéde Paris, prétend substituer sa garantie à celle d’un souveraindont la loyauté était sans tache et la bienveillance sans me-sure, est le même qui, pendant quinze ans, "a ravagé et bou-leversé la terre pour trouver de quoi satisfaire son ambition,qui a sacrifié des millions de victimes et le bonheur d’une gé-nération entière à un système de conquêtes, que des trêves,peu dignes du nom de paix, n’ont rendu que plus accablantet plus odieux ; qui, après avoir, par des entreprises insensées,fatigué la fortune, armé toute l’Europe contre lui et épuisétous les moyens de la France , a été forcé d’abandonner ses pro-jets, et a abdiqué son pouvoir pour sauvtr quelques débris deson existence; qui, dans vin moment où les nations de l’Eu-rope se livraient à l’espoir d’une tranquillité durable, a méditéde nouvelles catastrophes et par une double perfidie envers lespuissances qui l’avaient trop généreusement épargné et enversun gouvernement qu’il ne pouvait atteindre que par les plusnoires trahisons, a usurpé un trône auquel il avait renoncé etqu’il n’avait occupé que pour le malheur de la France et duinonde. Get homme n’a d’autre garantie à proposer à l’Eu-rope que sa parole. Après la cruelle expérience de quinzeannées, qui aurait le courage d’accepter cette garantie? Et sila nation française a réellement embrassé sa cause, qui respec-terait davantage la caution qu’elle pourrait offrir ?
La paix avec un gouvernement placé entre de telles mainset composé de tels élémens ne serait qu’un état perpétueld’incertitude, d’anxiété et de danger. Aucune puissance nepouvant effectivement désarmer, les peuples ne jouiraientd’aucun des avantages d’une véritable pacification ; ils seraientécrasés de charges de toutes espèces, la confiance ne pouvantN se rétablir nulle part, l’industrie et le commerce languiraientpartout; rien ne serait stable dans les relations politiques;un sombre mécontentement planerait sur tous les pays, et dujour au lendemain l’Europe en allarme s’attendrait à une nou-velle explosion. Les souverains n’ont certainement pas mé-connu l’intérêt de leurs peuples eu jugeant qu’une guerreouverte avec tous ses inconvéniens et tous ses sacrifices est pré-férable à un pareil état de choses, et les mesures qu’ils ontadoptées ont rencontré l’approbation générale.