Je uie suis présenté <ie bonne foi pour venir me mettre sous 1*protection des lois d’Angleterre.
Aussitôt assis à bord du Bellerophon , je fus sur le foyer dupeuple Britannique. Si le gouvernement, en donnant des ordresau Capitaine dn Bellerophon de me recevoir ainsi que ma suite,n’a voulu que tendre une embûche, il a forfait à l’honneur et flétrison pavillon.
Si cet acte se consommait, ce serait en vain que les Anglais voudraient parler à l’Europe de leur loyauté, de leurs lois, deleur liberté. La foi Britannique se trouvera perdue dans l’hos-pitalité du Bellerophon
J’en appelle à l’histoire—elle dira qu’un ennemi qui fit vingtans la guerre au peuple anglais, vint librement dans son infor-tune chercher un asile sous ses lois ; quelle plus éclaute preuvepouvoit il donner de son estime et de sa confiance ? Mais com-ment répondoit-on en Angleterre à tant de magnanimité?
On feignoit de tendre une main hospitalière à cet ennemi, etquand il se fut livré de bonne foi, on l’immola.
TRAITEMENT DE BUONAPARTE A ST. HÉLÈNE.
Lettre du comte Bathurst, secrétaire-d’état, aux lords del’Amirauté.
Downing Street , 30 Juillet, 1815.Milords, je prie Vos Seigneuries de vouloir bien commu-niquer au vice-amiral Sir George Cockburn , une copie du mé-moire suivant qui lui servira d’instruction pour régler sa con-duite vis-à-vis du général Buonaparte , pendant tout le tempsqu’il restera confié à ses soins.
Le Prince-Régent, en confiant à des officiers anglais unemission d’une pareille importance, croit qu’il est nécessaire deleur faire connaître qu’il désire fortement qu’on n’emploie pasde contrainte personnelle plus grandeque celle qui sera trouvéenécessaire pour remplir fidèlement les devoirs que l’amiral etle gouverneur de St. Hélène ne doivent jamais perdre de vue,savoir, de s’assurer parfaitement de la personne du généralBuonaparte . S. A. R. est convaincue que tout ce qui peutêtre accordé, comme indulgence, sans être en opposition augrand objet, sera accordé au général. S. A. R. compte surle caractère ferme et bien connu de Sir George Cockburn eta la confiance qu’il ne se laissera pas tromper ni ne s’écarteraimprudemment la ligne de son devoir.
(Signé) Bathurst.
MÉMOIRE.
Lorsque le général Buonaparte quittera le Bellerophon pourse rendre à bord du Northnmbcrland, ce sera le moment le