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Tome premier.
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HISTOIRE DE I)l\ AXS.

des Petits-Pères, devenue déserte, l.n inconnu les abordeet leur dit : « Le combat recommence demain. Je suis« militaire. Avez-vous besoin d'un général? Dun-« néral, répond M. Regousée? Pour en faire un en temps« de révolution, il sulüt (Uun tailleur. » EtM. Iligonnetajoute : « Vous voulez être général? eh bien, prenez un« uniforme et courez lon se bat. » Cet inconnu senommait Dubourg. 11 trouva le conseil bon; il le suivit,comme on verra plus bas, et le lendemain il fut roi deParis pendant quelques heures.

Le silence était descendu sur la ville avec la nuit. Quellejournée! Paris nen avait pas eu déplus terrible, mêmedurant les sauvages querelles des Armagnacs et des Bour-guignons. Or,pourquoitoutcesangversé?Onavaitcrié Vivela Charte! mais ce cri avait fait tressaillir au fond de leursdemeures et les députés et la plupart de ceux dont la Chartefondait le pouvoir. On avait crié Vive la Charte! mais quelsétaient les combattants? cétaient quelques jeunes bour-geois, hommes de résolution et de cœur, qui ne voyaientdans la Charte quun despotisme habilement déguisé ;cétaient des prolétaires à qui la Charte était inconnue, etqui, la connaissant, lauraient maudite; cétaient enfin, etsurtout, les enfants des rues de Paris , race étourdie etvaillante, héroïque à force dinsouciance, avide damuse-ment et par cela même guerrière, parce que les combatssont une manière de jeu. Et comme pour mettre le combleà cette dérision immense et cruelle, le généralissime destroupes royales, le duc deRaguse, condamnait ces ordon-nances pour le maintien desquelles il faisait tirer sur lepeuple. Nimporte, on devait aller jusquau bout, car lasottise humaine ne sépuise pas si vite. On se mit donc,