CHAPITRE V.
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devenue générale, et l'armée du roi battait en retraite àtravers les Champs-Elysées .
Au moment où les troupes parcouraient ainsi la ligne<[ui s’étend du Louvre à l’Arc-de-l’Ftoile, une fenêtres’ouvrit lentement à l’angle de la rue de Rivoli et de larue Saint-Florentin. « Oh! mon Dieu ! (pie faites-vous,« Monsieur Keiser, s’écria, du fond d'un appartement« somptueux, une voix frêle et sénile? Vous allez faire« piller l'iiôtel ! — Ne craignez rien, répondit M. Keiser,« les troupes battent en retraite, mais le peuple ne songe« qu’à les poursuivre. — Vraiment ! reprit M. de Talley-« rand; » et, faisant quelques pas vers la pendule :« Mettez en note, ajouta-t-il d’un ton solennel, que le« 29 juillet 1830, à midi cinq minutes, la branche aînée« des Bourbons a cessé de régner sur la France . » C’é-tait sonner un peu prématurément les funérailles del’ancienne monarchie. Mais prédire les grandes infortunes,pour les trahir ensuite, était la vanité de cette âme sansfoi.
Tandis que la foule qui avait envahi le Louvre se pré-cipitait, par la longue galerie du Musée, vers le palais des Tuileries , MM. Thomas, Bastide, Guinard, Joubert, Gauja,v entraient par le guichet du Pont-Royal. En un moment,la demeure royale fut occupée tout entière par les Pari siens , et un drapeau tricolore fut planté par Thomas etJoubert sur le sommet de l’édifice. Un combattant ouvritau général Bertrand une des grilles du jardin des Tuile-ries, et le compagnon d’exil de l’Empereur entra en pleu-rant dans ces lieux où il n’avait pas pénétré depuis 1815.
Dans les salles du palais, le peuple brisa des statues derois ; des portraits de princes furent déchirés avec la pointe