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HISTOIRE DE DIX ANS.
sifs. Ils croyaient déjà voir leurs hôtels envahis, et, frappésdelà forceque le peuple venait de déployer, ils comptaientpeu sur sa grandeur d'âme.
Le plan de M. Lallitte était arrêté. Il s'approche deM Oudart : « Hier, jevousai prié de vous rendre à Neuillv.
« A l'avertissement que je lui faisais donner, le prince a« répondu : Je vous remercie. Veuillez retourner auprès de« lui. Entre une couronne et un passeport, qu'il choisisse.
« Si je réussis, je ne lui ferai point payer ma commission« de banque. Si j’échoue, il me désavouera. »
On alTluait de toutes parts vers l'hôtel Latlitte. On voyaitse presser dans les appartements, dans les cours, dans lesjardins, grands seigneurs, gens de finance, hommes derobe, gardes nationaux. Des curieux étaient montés sur lestoits des maisons voisines. C'était un bourdonnement im-mense dans celte foule animée de passions diverses et sanscesse renouvelée. Des cartouches apportées dans la coury tirent naître un violent tumulte. Les hommes du peuplese les arrachaient, les derniers coups de fusil n'ayant pasencore été tirés. M. Degousée entra tenant un papier à lamain. Dès la pointe du jour cet intrépide citoyen était alléoffrir au général Pajol le commandement de la garde na-tionale. Dans les révolutions le pouvoir appartient à quis'en empare. Mais le général ayant répondu que l’autorisa-tion des députés lui paraissait nécessaire, M. Degouséeavait couru chez le duc de Choiseul, y avait rencontréM. Dupin, et celui-ci, prenant une plume, avait écrit :« Messieurs les députés réunis à Paris autorisent le géné-« ral Pajol à prendre le commandement des milices pari-a siennes. — Milices parisiennes, s'écria M. Degousée« surpris? et pourquoi ce mot? — Parce que la garde na-