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Tome premier.
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HISTOIRE I)E DIX AKS.

proche d'un capitaine, il lui demanda combien il avaitperdu d'hommes. « Beaucoup, Monseigneur, » réponditle capitaine. Et de grosses larmes roulaient le long de sesjoues. « Vous en avez bien assez, vous en avez bienassez, » reprit d'un air distrait le Dauphin, qui étaitprince. Les troupes arrivèrent à Saint-Cloud , mourant defaim, consternées, haletantes. On les fit bivouaquer dansle parc. Le plus grand désordre régnait aux environs duChâteau. Déjà, dans la cour, les chevaux étaient scellés etchargés. Les élèves Saint-Cyr accoururent : il y eut deplus, autour de ce trône en péril, quatre pièces de canon,et, pour en faire le service, quelques écoliers. Le duc deBordeaux dînait. On raconte que M. de Damas, ayant faitdégarnir la table, le duc de Bordeaux prit lui-même plu-sieurs plats dargent qu'il élevait avec effort au-dessus desa tète et faisait passer aux gens de service pour qu'ils lesdescendissent aux soldats. Cela divertit beaucoup le jeuneprince : cétait un jeu nouveau pour cet enfant.

Déjà l'heure des transactions était passée pour Charles X .Ses ennemis avaient obtenu de tels succès, qu'il n'avaitplus quà rester roi tout à fait ou quà cesser tout à fait delêtre. Situation favorable, parce quelle était extrême!Tant que les chances avaient été de son côté, il lui fut per-mis de céder quelque chose; mais près dêtre abattu, dnavait quun parti à prendre, un seul : combattre jusquàla mort, non plus pour la royauté seulement, mais pour ladictature. Cest le parti qu'il aurait pris, si son àme avaitété aussi haute que son rang. Et, dans ce cas, ses enne-mis, en voulant lui enlever tout, lui eussent donné le pou-voir de tout conserver. Car, pour les cœurs dignes delempire, lexcès des revers est une force. Mais le malheur