CHAPITRE VIII.
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s’il n’avait eu pour cela des raisons sérieuses. Plus tard,leur surprise fut grande lorsqu’ils apprirent que la gardeétait licenciée.
Ce fut le 4 août, vers dix heures du matin, que la fa-mille royale quitta le château de Maintenon . La duchessede Noailles parut sur le seuil en pleurant. La Dauphinedonnait sa main à baiser aux officiers, et leur disait d’unevoix entrecoupée de sanglots : « Mes amis, soyez heu-reux! » Les commissaires étaient partis pour Dreux , afind’v préparerdes logements. Pour faire ses derniers adieuxaux exilés, la garde se mit en bataille sur la route. QuandCharles X passa, le tambour battit comme pour un roi quipasse, et les drapeaux s’inclinèrent.
Instruit du départ de Charles X , le général Pajol donnal’ordre de la retraite. Cet ordre fut mal accueilli. Des ré-publicains qui faisaient partie de l’expédition eurent unmoment la pensée de rassembler dans cette foule troiscents hommes parmi les plus braves et les plus résolus.Ils se seraient mis à leur tête, et seraient rentrés dans Pa ris en criant à la trahison. L’occasion était favorable pourun coup de main : l’ivresse des âmes, l'incertitude desévénements, la réunion sur un même point de tout ce quela capitale contenaitd’espritsremuants, d’existences inoc-cupées et amoureuses de l'imprévu, que d’éléments de suc-cès offerts à l'audace! Mais ce projet n'eut pas de suite.Ceux qui l’avaient conçu ne purent ni se réunir ni se con-certer. Et puis, même parmi les plus défiants, cette opi-nion s’était accréditée, qu’on descendait une pente sur la-quelle les traîtres eux-mêmes seraient irrésistiblemententraînés, et qu'enrayer une semblable révolution étaitimpossible.