Band 
Tome premier.
Seite
431
JPEG-Download
 

CHAPITRE IX.

431

tout ce que les cabinets étrangers auraient pu voir derévolutionnaire dans la prise de possession du duc d'Or-léans, seffaçait naturellement à leurs yeux. Ce princen'était plus un usurpateur, cétait le continuateur inévi-table des traditions dordre et de paix garanties par laforme monarchique. Le duc dOrléans avait voulu fairecroire à lEurope qu'il respectait dans Charles X unmembre de la famille des rois inviolables, lorsqu'il en-voyait à Rambouillet des commissaires chargés de leprotéger contre des passions par lui-mème excitées. Rienn'était plus propre à remplir les vues du prince que ladéclaration quon vient de lire. Elle fut adoptée presquesans opposition.

11 ne restait plus quà stipuler les conditions de léta-blissement nouveau, pour masquer lusurpation vis-à-vis du peuple, comme on venait de le faire vis-à-visde l'Europe . Le second paragraphe de la propositionsupprimait le préambule de la Charte, M. Persil sécrie, àcette occasion, que c'est dans le peuple seul quest la sou-veraineté ; quil faut proclamer ce principe, qu'il fautl'écrire, afin que nul à l'avenir ne se puisse dire roi parla grâce den haut. Et il propose que, sous le titre de sou-veraineté, on insère dans la Charte ces deux articles dela constitution de 1791 :

« La souveraineté appartient à la nation; elle est ina-« liénable et imprescriptible. La nation ne peut exer-« cer ses droits que par délégation. »

Cette proposition n'a pas de suite.

On répond à M. Persil que sa pensée se trouve expriméedans le second paragraphe de la commission, ainsi conçu :

« La Chambre des députés déclare que, selon le vœu et