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HISTOIRE DE DIX ANS.
lurent de cette circonstance pour demander que la liqui-dation des primes n'eût lieu que le 9 août. Les banquiersqui avaient joué à la hausse, et qui étaient en état d’agirsur la Bourse avec des millions, comptaient profiter dudélai accordé pour raffermir les cours par des achatsconvenablement calculés. Mais l’accorder, ce délai, c’étaitconsacrer une injustice. Car, en premier lieu, on rendaittous les joueurs à la baisse victimes d'une perfidie quetous n'avaient pas commise ; et, ensuite, on méconnais-sait arbitrairement, au profit des uns, au détriment desautres, le caractère essentiellement aléatoire des opéra-tions de Bourse . A’importe. Les joueurs à la hausseétaient du côté des vainqueurs : l’arrêté qu'ils désiraientfut pris par le commissaire au département des finances,et l'opulence compromise en des marchés honteux, endes spéculations illicites, obtint une protection qu’atten-dirent en vain des ouvriers réduits au désespoir, et offrantleur travail pour un peu de pain.
Pour cette Charte qu’on révisait, le sang des pauvresavait coulé à flot, et le gouvernement n’ignorait point lagrandeur du sacrifice, lorsque le 5 août, il faisait publierpar le Moniteur , journal officiel, l’article suivant :
« Les renseignements qui ont été donnés dans divers« journaux sur le nombre des blessés et des morts étaient<c inexacts ; nous croyons devoir donner les suivants,« transmis hier, 4 août, à l’Académie royale de méde-« cine, par les divers chirurgiens, ou médecins des hô-« pitaux :
« Hôtel-Dieu. Il y est entré près de cinq cents blessés,« appartenant pour la grande partie aux citoyens,« puisqu'on ne comptait que vingt-cinq militaires sur ces