CHAPITRE 11.
il
ohé de la démarche de M me de Feuchères, et combien ilserait fier de voir porter par un de ses enfants le nomglorieux des Condé.
A ce coup inattendu, la duc de Bourbon tomba dansune anxiété profonde. Quoiqu’il eût toujours apporté dansses relations avec la famille d'Orléans une politesse ex-quise, qui même en certaines occasions avait emprunté àl'amitié quelques-unes de ses formules, il fréquentait lemoins possible le duc d’Orléans , recevait avec hésitationses rares visites, et ne lui écrivait guère que pour s’en-tendre avec lui sur les puérilités du cérémonial, puériliLésauxquelles le duc d’Orléans , tout bourgeois qu’on l’aitvu depuis, attachait une importance excessive 1 . Ce jeune
' Nous avons entre les mains un dossier de toutes les lettres adressées parle duc d’Orléans au prince de Condé, lettres non publiées. On y trouve àchaque page la preuve des préoccupations éminemment aristocratiques duduc d’Orléans . En voici un exemple entre mille :
« Neuilly , 1 er octobre 1820.
« Comme je sais, monsieur, que vous désirez savoir d’avance ce que j'ap-prends sur les cérémonies auxquelles nous sommes invités, je m’empressede vous informer de ce que M. de Brézé est venu me dire hier au soir, relative-ment au Te Deum qui doit être chanté mardi à Notre-Dame , en actions degrâces de la naissance du duc de Bordeaux. Il m’a dit que le roi n’y seraitpas, mais que S. M. serait censée y être, que par conséquent son fauteuilserait placé au centre de nos pliants qui seraient tous sur la même ligne,avec un carreau devant chaque ; qu’il avait ordonné que les neuf pliantsfussent pareils ainsi que les carreaux et de la même étoffe; que Monsieurmènerait dans sa voiture M. le duc d’Angouléme, vous et moi, et que nosvoitures précéderaient immédiatement les leurs dans le cortège. D’aprèscela, j’ai dit à M. de Brézé que j’irais à la cérémonie, et je serai mardi matinà dix heures chez Monsieur pour l’y accompagner. Je seraien grand uniforme,en bottes avec le cordon bleu sur l’habit, et M. de Brézé doit nous faire savoirsi les voitures du cortège seront à huit chevaux ou à deux, afin que nos atte-lages soient pareils à ceux de nos aines. S’il ne me faisait rien dire, jemettrais la mienne à huit chevaux. Madame la duchesse d’Angouléme