78
HISTOIRE DE DIX AXS.
ceux-là. Bientôt au malheur de ces divisions vient sejoindre, pour les réfugiés, un malheur plus grand encore.Ferdinand VII , frappé d'épouvante, avait fait connaître lesconditions de l’appui qu’il consentait à prêter à Louis- Philippe . C’est ce qu’attendait le Cabinet du Palais-Royal.Il défendit tout-à-coup les départs, suspendit les secours,se mit en mesure de dissiper les rassemblements, imposaaux autorités l’obligation d’une surveillance active, etfit voler jusqu'à Bayonne , sur l’aile du télégraphe, desordres inhospitaliers.
Ce fut alors que, cédant au conseil de son désespoir,le colonel Valdès franchit la Bidassoa . Le 13 octobre, àla tète d'un petit nombre de braves, il touchait le sol sacréde son pays aux cris mille fois répétés de vive la consti-tution ! et sans autre garantie de succès que la justice desa cause et son épée. La fortune lui fut d'abord favorable :autour de son drapeau, qui était celui d’un proscrit, quel-ques généreux Espagnols accoururent. Mais de doulou-reux mécomptes lui étaient réservés. Un autre chef debande, le général Chapalangarra, était entré en Espagne avec cette conviction fatale que, pour soulever la contrée,il lui suffirait de se montrer; et à ceux qui lui représen-taient les dangers d’une aussi grande confiance, il avaitrépondu : « Les balles me respectent trop pour m’at-« teindre. D’ailleurs, qu’importe? je montrerai du moins« comment sait mourir un soldat de la liberté. » En effet,ayant aperçu un poste de royalistes, il s’avança seul surla route après avoir défendu aux siens de faire feu, etprononça quelques paroles amies. On lui répondit par unedécharge : il tomba mort. Ses compagnons, trop faiblespour résister, reculèrent jusqu’à une auberge où était éta-