Band 
Tome deuxième.
Seite
148
JPEG-Download
 

48

HISTOIRE DE DIX ANS.

« cette circonstance n'attribuait point à la Conférence le« droit de donner à ses protocoles une direction opposée« à l'objet pour lequel son assistance avait été demandée.

« et au lieu de coopérer au rétablissement de lordre dans« les Pays-Bas, de les faire tendre au démembrement du« royaume. »

Au point de vue des traités de 1815 et de la Sainte-Alliance, quy avait-il à répondre à cette protestation deGuillaume? Il était donc prouvé, à la face du monde, queles Puissances signataires au traité de Vienne manquaientà leurs propres principes, foulaient aux pieds leur œuvrepropre, au gré des intérêts du moment, et n'aspiraient,en mettant en avant tous ces grands mots d'équilibreeuropéen et de paix générale, quà exercer sur lEurope une sorte de haut brigandage !

Tout défavorable qu'il était à Guillaume, le protocole du20 décembre n'en fut pas mieux accueilli à Bruxelles ,parce qu'il y était dit : « Ces arrangements ne peuvent« affecter en rien les droits que le roi des Pays-Bas et lak Confédération germanique exercent sur le grand duché« de Luxembourg . » En enlevant à la Belgique la pro­ vince du Luxembourg , qui se considérait comme belge ,avait toujours été réputée partie intégrante des provincesméridionales des Pays-Bas , et navait été créée grand du-ché en 1815 que par suite d'un échange fictif, la Confé-rence réduisait la Belgique à un état d'impuissance ab-solue. Le Comité diplomatique dut se résigner à uneacceptation conditionnelle. Vaine déférence! Les diplo-mates de Londres répondirent par une note il était dit :« Les Puissances ne sauraient reconnaître à aucun État« un droit quelles se refusent à elles-mêmes ( le droit