CHAPITRE V.
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mense. Dans la tribune des diplomates étrangers on crutremarquer des visages émus. M. Laffitte put se féliciter desa popularité si noblement reconquise. Il avait dit à laChambre : « Nous avons pour faire la guerre un budget« suffisant; car nous pouvons disposer d’un revenu qui« représente un capital d’emprunt de 14 à 1,500 mil-« lions. » Le parti national était au comble de la joie. Ilne savait pas qu’on tient faiblement compte, en diploma-tie, des discours qui ne s'adressent qu’à la multitude.Quelques jours après cette séance mémorable, M. Laflittereçut de M. de Talleyrand une lettre relative à des in-térêts privés, mais dans laquelle le diplomate avait glisséces mots d’une insolence polie : h On a beaucoup aimé« ici le discours prononcé par M. Laffitte. Il m'a été« utile. » C’était la première lettre que le président duConseil recevait de notre ambassadeur à Londres , depuisleur commune entrée aux affaires. M. de Talleyrand necorrespondait qu’avec le roi.
Tel était l’état des choses lorsqu'on apprit qu'une révo-lution embrasait Varsovie , révolution profonde, dont lesdétails méritent d’ètre connus, car elle tendait à renverserpour jamais les traités de 1815, et à faire passer définiti-vement aux mainsdela France le sceptre de l'Occident .
Depuis long-temps une vive fermentation régnait enPologne . La franc-maçonnerie politique, fondée par le gé-néreux Dombrowiski, avait fait en quelques années desprogrès rapides. A l’ombre des affiliations philosophiqueset littéraires, elle avait gagné la bouillante jeunesse desuniversités; parla camaraderie militaire, elle avait envahil'armée, et parle compagnonnage, le peuple. C’étaitsurtout à Varsovie , et dans la corporation des savetiers