214
HISTOIRE DE DIX AXS.
diants, des proclamations qui exprimaient le vœu de voirla liberté garantie quand l’ordre aurait été rétabli. Lesdéputés du centre laissèrent percer le mécontentementque leur inspiraient ces conditions mises par la jeunesseà son concours. La proposition de M. Laffitte fut accueil-lie, cependant. Mais les étudiants, irrités, réclamèrenthautement la responsabilité des proclamations blâméespar le centre; et rappelant ce qu’ils avaient fait au moisde juillet pour cette liberté qu’on leur marchandait, di-saient-ils, et qu’ils avaient payée argent comptant, ilsrepoussèrent avec dédain les remercîments de la Chambre.
La Cour s’émut faiblement de cette opposition tardive,et donna ordre à ses journaux de traiter en écoliers mu-tins ceux dont, la veille, elle avait artificieusement glo-rifié la sagesse.
Pour ce qui est de M. de Lafayette, que dire de son rôledans ces récentes commotions? Candide comme un enfant,quoique vieilli au milieu des luttes politiques, nul n’avaitautant que lui contribué à un dénoûment qui devait êtrele tombeau de ses plus chères espérances. Vainementquelques-uns de ses amis l’avaient-ils supplié de regar-der au fond des choses, de se défier de la Cour, de ne pasattendre, pour dicter des conditions, que le trône pût sepasser de son appui ; à ces exhortations et à ces prièresil n’avait cessé de répondre que son plus pressant devoirétait d’empêcher la révolution de juillet de se déshonorer;qu’il serait toujours temps pour lui de venir en aide à laliberté en péril, et qu’il répugnait à sa loyauté d’abuser,à l’égard de la Cour, du besoin qu’elle avait de lui. Jamaisl’aveuglement ne fut poussé si loin, mais il est juste dereconnaître qu’il s’y mêla une pensée généreuse. M. de