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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

Le commandement de la garde nationale de Paris futconféré au général Lobau. M. Treilhard fut remplacé àla préfecture de police par M. Baude. On accepta la dé-mission de M. Taschereau qui, offerte déjà par lui, avaitété refusée. Seul de tous les hommes dont on redoutait lecaractère indépendant, M. Odilon Barrot fut conservé. Onavait dit de lui au Château : « Il ne sera plus à craindre« lorsquil naura plus au-dessus de lui M. de Lafavette,

« et au-dessous de lui M. Taschereau. »

Ainsi se dénoua ce procès qui avait si fortement tenuen éveil toutes les passions et fait courir à la monarchienouvelle de si grands risques. Il servit à mettre en reliefla fougue et la puissance des intérêts bourgeois. Il prou-vait clairement deux choses : la première, que le peuplenétait encore ni assez éclairé, ni assez sur de lui-mèmepour avoir une volonté; la seconde, qu'on pouvait toutobtenir de la bourgeoisie, en sadressant à ses instincts deconservation et en lui faisant peur. Lépreuve était donccomplète, et dautant plus heureuse pour la Cour, quonallait dire désormaisaux ambassadeurs étrangers : «Éeri-« vez à vos souverains que lesprit révolutionnaire est« vaincu. »

Ce résultat fut vanté comme le fruit dune politiqne ha-bile. Il navait rien pourtant dont le pouvoir fût, en droitde se faire honneur. Pour paraître en armes dans les rueset contenir le peuple, la bourgeoisie navait eu quà suivrelimpulsion de ses craintes. Et quant à la multitude, ilétait naturel quabandonnée à elle-même, elle se retirâtdu champ de bataille par ignorance, étonnement et las-situde.

Cest une politique assurément très-vulgaire et à la