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HISTOIRE DE DIX ANS.
Le commandement de la garde nationale de Paris futconféré au général Lobau. M. Treilhard fut remplacé àla préfecture de police par M. Baude. On accepta la dé-mission de M. Taschereau qui, offerte déjà par lui, avaitété refusée. Seul de tous les hommes dont on redoutait lecaractère indépendant, M. Odilon Barrot fut conservé. Onavait dit de lui au Château : « Il ne sera plus à craindre« lorsqu’il n’aura plus au-dessus de lui M. de Lafavette,
« et au-dessous de lui M. Taschereau. »
Ainsi se dénoua ce procès qui avait si fortement tenuen éveil toutes les passions et fait courir à la monarchienouvelle de si grands risques. Il servit à mettre en reliefla fougue et la puissance des intérêts bourgeois. Il prou-vait clairement deux choses : la première, que le peuplen’était encore ni assez éclairé, ni assez sur de lui-mèmepour avoir une volonté; la seconde, qu'on pouvait toutobtenir de la bourgeoisie, en s’adressant à ses instincts deconservation et en lui faisant peur. L’épreuve était donccomplète, et d’autant plus heureuse pour la Cour, qu’onallait dire désormaisaux ambassadeurs étrangers : «Éeri-« vez à vos souverains que l’esprit révolutionnaire est« vaincu. »
Ce résultat fut vanté comme le fruit d’une politiqne ha-bile. Il n’avait rien pourtant dont le pouvoir fût, en droitde se faire honneur. Pour paraître en armes dans les rueset contenir le peuple, la bourgeoisie n’avait eu qu’à suivre ”l’impulsion de ses craintes. Et quant à la multitude, ilétait naturel qu’abandonnée à elle-même, elle se retirâtdu champ de bataille par ignorance, étonnement et las-situde.
C’est une politique assurément très-vulgaire et à la