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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

manières: son langage devenait de jour en jour plusconforme à ses sentiments. La popularité qu'on avait siardemment cherchée dabord, non par goût comme l.a-fayette, mais par calcul, on paraissait maintenant lacompter pour peu de chose. On commençait même àlaisser volontiers percer dans les discours les principesd'une politique jusqu'alors à demi-cachée dans les actes.

A cette époque, des députations étaient envoyées auroi, de tous les points du royaume. Celle de la ville deOaillac ayant dit à Louis-Philippe : « Au dehors, la France « veut être indépendante de létranger ; au-dedans, elle« veut l'être des factions », il répondit : « Si les besoins« de la patrie me mettaient dans le cas d'appeler les« gardes nationaux et tous les citoyens à défendre notre« indépendance contre une agression étrangère, je ferais« cet appel avec une entière confiance, mais j'espère que« cette nécessité nexistera pas. Nous ne devons pas« seulement chérir la paix, nous devons encore éviter tout« ce qui pourrait provoquer la guerre. Quant à la politique« intérieure, nous chercherons, ajouta-t-il, à nous tenir« dans un juste milieu.» Le mot du système venait dêtreprononcé.

Ces paroles du roi retentirent dans la France entière.Quelques-uns pensèrent que le monarque nétait pas fâchéde se faire honneur auprès des Cabinets étrangers de soncourage à braver les entraînements populaires. Tous re-marquèrent la précision inaccoutumée de son langage.

Restait à savoir de quelle manière on refoulerait lespassions actives qui demandaient à la révolution unaliment et une issue. Dans la situation violente setrouvait la société française, il lui fallait, à défaut d'un