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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

même parmi les chefs romagnols, on n'attendait plus quedes preuves de la loyauté de ses intentions. Mais le ducde Modène paraissait craindre qu"après s'être servi de luicomme d'un instrument, les patriotes italiens, au lieu dele couronner roi constitutionnel, ne fissent tourner larévolution à la république. 11 termina l'entretien en char-geant M. Manzini de ses remereiments pour tous les bravespatriotes qui lavaient investi de leur confiance. II leursouhaitait bonne chance dans leur entreprise hasardeuse,et désirait « qu'une occasion s'offrit à lui de montrer« qu'il était, lui aussi, bon Italien, et prêt à tout sacrifice« pour le véritable bien de son pays. Agissez avec pru-« dence, dit-il à M. Manzini en le congédiant, et venez me« voir ayant votre départ pour Paris . »

Ainsi le duc de Modène encourageait secrètement l'in-surrection, sans néanmoins s'engager, et de façon à seménager toutes les chances, selon lusage des princes.

Ménotti n'était pas tout-à-fait dupe de cette tactique;mais le nom du duc lui était utile soit pour donner plusdimportance à ses projets, soit pour séduire par l'appâtd'une haute complicité les patriotes douteux. Il entrete-nait donc avec le duc de Modène des relations fréquentes,exagérait à dessein le profit dune telle amitié politique,et donnait ainsi une sorte de caractère officiel à ce recru-tement de conspirateurs qui était alors la grande occu-pation de sa vie 1 .

Mais dans la partie bizarre que jouaient lun contre

On nous a communiqué la correspondance secrète de Ménotti. Voici cequil écrivait le 29 décembre 1830, à M. Misley, alors à Paris :

« Mon frère taura appris mon retour de Florence. Jai eu un long entretienavec.. et nous avons très-bien disposé tout. A mon retour, je suis allé