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HISTOIRE DE DIX ANS.
qu’une proposition de M. Bignon vint tout-à-coup impri-mer aux débats la plus étrange violence. M. Bignon de-mandait que le paragraphe de l’adresse relatif à laPologne fût rédigé en ces termes : « Dans les paroles tou-« chantes de votre majesté sur les malheurs de la Pologne ,« la Chambre aime à trouver une certitude qui lui est« chère : la nationalité polonaise ne périra pas. » M. Bo-din voulait qu’au mot certitude on substituât cette expres-sion bien moins hardie : ferme espérance; et les ministres,prétendant que l’adoption du mot certitude était une dé-claration de guerre à l’Europe , se montraient prêts à dé-poser leurs portefeuilles sur la tribune. Dans la séance du15 août, la proposition de M. Bignon est soumiseaux dé-libérations de la Chambre. Attaquée faiblement par M. Du-pin, elle est soutenue avec énergie par son auteur, par legénéral Lamarque et par M. de Tracy. M. Girod (del’Ain ), président delà Chambre, la met aux voix. Maisles dispositions delà Chambre ne paraissent pas douteuses.u Sauvons la Pologne ! » ce mot est dans toutes les bou-ches. Soudain, s’élançant de sa place, Casimir Périer court à la tribune. Mais la discussion est fermée, et le rè-glement n’accorde au ministre que le droit de parler surla position de la question. De tous côtés on le lui rappelleavec des cris. Lui, furieux, il affirme qu’il parlera, sanss’expliquer davantage. Alors s’élève de tous les points dela salle le plus violent tumulte. L’émotion a gagné toutel’assemblée. Députés, spectateurs, tous sont debout. Leprésident agite en vain sa sonnette, dont le bruit est cou-vert par de confuses clameurs. La Gauche et la Droitepoussent incessamment à la tribune des orateurs qui ladisputent au ministre, toujours impérieux, toujours me-