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Tome deuxième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

guerre de Pologne le disait assez-, et les Ilots de sangrépandus par suite de ce partage, la terreurprofonde aveclaquelle il avait fallu en surveiller les abominables résul-tats, l'incertitude quil jetait dans l'avenir des trois Puis-sances co-partageantes, tout cela prouvait suffisammentquil ne saurait y avoir de forfaits impunis et de brigan-dages intelligents ; que le succès des spoliations les plussavantes disparaît, considéré dans le temps et dans les-pace; que toujours, enfin, le crime est puéril. Et puis,laudace était peu commune de déclarer impossible unenationalité qui deux fois avait sauvé la chrétienté, etquileût été plus juste assurément de déclarer immortelle?A combien dépreuves, en effet n'avait-elle pas résisté ?Combien de fois, se relevant alors quon la croyait anéan-tie, n'avait-elle pas convaincu d'impuissance, et la guerre,et les égorgements, et les trahisons, et les ruses infer-nales de la diplomatie? Que fallait-il donc pour démontrerla vitalité de la Pologne , si on ne comptait pour rien lesefforts que la cinquième partie de cette Pologne venait defaire, leur duréeetleur énergievéritablemenlprodigieuse?

Le discours deM. Thiers nétait donc, en réalité, quunbrillant jeu desprit, sans parler de l'énorme contradic-tion quil contenait et que personne alors, dans la Cham-bre, ne se mit en devoir de relever. Car il y avait unesingulière imprudence à soutenir, d'une part, que laguerre, vu les dispositions et les ressources des diversesPuissances, nétait nullement à craindre-, et, de lautre,que le gouvernement avait eu raison de sacrifier tout audésir de léviter.

Lémeute continuait à gronder dans Paris , et la polé-mique, dans les journaux, prenait un ton daigreur ex-