Band 
Tome troisième.
Seite
12
JPEG-Download
 

12

HISTOIRE DE DIX ANS.

ces princes, égoïstes impitoyables, pourqui le dévoùmentdun sujet nest que le revenu dun domaine.

Cependant, et à tout prendre, une insurrection étaitencore possible en Vendée . Lesprit mercantile nv régnaitque dans les villes et le long des grandes routes, il na-vait que faiblement pénétré dans les campagnes, sétaitmaintenue la double influence de la noblesse et du clergé.Et cette influence, un genre de mécontentement particu-lier à la province la rendait très-dangereuse. Les réfrac-taires, fort nombreux dans l'Ouest, sétaient vus poursuivisdepuis 1830 avec une rigueur légitime sans doute, maisqu'on ne pardonne quaux gouvernements vigoureux. I)e des ferments de baine et de révolte. Les jeunes paysansdésignés par le sort senfuyaient dans les bois, simposaientune vie dure et vagabonde, mettaient en commun leursressentiments, et saccoutumaient à devenir implacables.

Une tolérance habilement calculée aurait pu conjurertout danger. Mais les agents du gouvernement n'en-voyaient à Paris que des rapports empreints dune exagé-ration ridicule. Accueillis dans lOuest avec un froiddédain par le parti légitimiste, qui laissait leurs salonsdéserts, et raillait leur importance bourgeoise, ils cou-vraient du prétexte du bien public les blessures de leuramour-propre, s'abaissaient à des persécutions mesquines,provoquaient de la part du pouvoir des mesures brutales,et attisaient de leurs mains l'incendie qu'ils auraientéteindre. Les visites domiciliaires, en chassant les gentils-hommes de leurs châteaux, fournirent des chefs à uneinsurrection à laquelle avaient déjà fourni de nombreuxsoldats les perquisitions qui chassaient les paysans deleurs chaumières. Ainsi se formèrent les bandes.