HISTOIRE HE DIX AXS.
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Chambre législative, d'où vient qu'elle avait osé en 1830ce qu’elle n'osait pas en 1831 ? Elle avait créé arbitrai-rement un roi, et elle se reconnaissait impuissante à re-faire arbitrairement une pairie! L'excuse de la nécessitéalléguée pour justifier le couronnement de Louis-Philippe n'était pas même une excuse suffisante-, car, si le lende-main d'une révolution les circonstances autorisent l'éta-blissement d'un Pouvoir provisoire, elles ne sauraientautoriser celui d’un Pouvoir définitif, et le droit de la na-tion reste quand le péril est passé.
Le choix n'était donc possible qu'entre deux partiségalement dangereux et mauvais. On convint que la pairieserait appelée à prononcer elle-même sur son sort. Maisque faire si, se refusant à un suicide manifeste, elle votaitpour le maintien de l'hérédité? Comment contenir, danscette hypothèse, tant dépassions prêtes à se déchaîner?Du conflit des deux Chambres qu'allait-on voir sortir?Une révolution, peut-être! Étourdis par les clameurs quide toutes parts s’élevaient autour d’eux, effrayés, chan-celants, éperdus, les ministres résolurent de prévenir àtout prix l’orage qu'ils pressentaient, et le 19 novembreparut une ordonnance royale portant création de trente-six pairs.
Le but de cette mesure était manifeste : les ministresvoulaient acquérir dans la Chambre des pairs une majoritéfavorable à l’abolition de l’hérédité. Cependant, la nou-velle de l’ordonnance souleva les esprits d’une manièreterrible. Les adversaires de l’hérédité, loin de se réjouird'un coup d'Etat qui leur assurait la victoire, se répan-dirent en imprécations contre le ministère. 11 y eut chezle restaurateur Lointier des réunions menaçantes de dé-