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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

dans la fabrique, mais particulièrement sur la rédactiondu tarif; et telle fut la modération des ouvriers, que leslancés, que, douze jours auparavant, on consentait à payerhuit sous, furent réduits d'un huitième au profit des fa-bricants. Le tarif fut signé de part et d'autre, on chargeale Conseil des prud'hommes d'en surveiller lexécution, etun jour par semaine fut fixé pour entendre les plaintesauxquelles la mauvaise foi pourrait donner lieu.

A cette grande nouvelle, la ville de Lyon fut profondé-ment émue. Les ouvriers tressaillirent de joie; le soir ilsilluminèrent leurs maisons, et témoignèrent leur enthou-siasme par des danses et des chants qui se prolongèrentbien avant dans la nuit.

Du reste, ils étaient si peu disposés à donner suite à cepremier succès, que leurs vingt-deux délégués offrirentleur démission. Mais M. Bouvier-Dumolard les engageavivement à la retirer, soit que son dessein lut dopposerau mauvais vouloir des fabricants une barrière perma-nente ; soit que, redoutant quelque prochaine catastrophe,il voulût se ménager dans la classe ouvrière elle-mêmedes moyens d'influence.

Quoi quil en soit, lagitation alors passa du camp desouvriers à celui des maîtres. 11 y avait parmi les fabricantsdes hommes honnêtes et éclairés. Ceux- se réjouirentsincèrement du tarif : ils le regardaient comme un freinnécessaire mis à l'avidité de quelques grands spéculateurset comme un moyen sur de modérer les mouvements dé-sastreux de la concurrence. Mais ce sentiment était celuidu petit nombre, et la nouvelle de l'établissement d'untarif ne fut pas plutôt connue que la colère de la plupartdes fabricants se répandit en récriminations et en menaces.