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HISTOIRE DE DIX AXS.
fenêtres. De temps en temps ses paroles étaient interrom-pues par ce cri terrible, sorti du sein des groupes : Ru
TRAVAIL OU LA MORT !
Les choses en étaient là et les hostilités paraissaientsuspendues, lorsque sur trois points différents la fusilladerecommença. Le canon grondait. « Vengeance! vengeance!« Nous sommes trahis », s’écrièrent les ouvriers. Alorsune bande irritée entoura le préfet, lui arracha son épée,et le traîna, au milieu des sabres levés sur sa tète, dansune maison où il fut retenu prisonnier. Le général Ordon-neau, qui l’avait rejoint, fut saisi de son côté et conduitchez l’ouvrier Bernard, qui lui sauva la vie.
Pendant ce temps, on battait la générale dans différentsquartiers. Les quais, les places, les rues, se couvraientde gardes nationaux et de soldats. Toutefois, la guerrecivile, ce jour-là, ne devait pas gagner l'intérieur de laville.
Un escadron de dragons, appuyé par une batterie desartilleurs de la garde nationale, gravit à travers une vivefusillade la rue des Carmélites et s'établit sur le plateau.Mais, du haut des toits de la Croix-Rousse, les ouvriersplongeaient sur les artilleurs et les cavaliers. Le sol futbientôt jonché de morts ou de blessés. Cependant le com-bat continuait, et le bataillon de gardé nationale placésous le commandement de M. Prévost, résistait avec beau-coup de vigueur, lorsqu'on apporta un écrit du généralOrdonneau, qui enjoignait à ce bataillon de battre enretraite. Le commandant Prévost ignorait la captivité dugénéral : il obéit.
Pendant ce temps, des hommes armés entouraientM. Bouvier-Dumolard, retenu prisonnier, et le sommaient