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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

dupouYoirinsurrectionnel. Ils disaient qu'il était au moinsétrange que Pérénon et ses complices eussent placé aubasd’une protestation factieuse la signature de braves etloyaux ouvriers, sur lesquels on appelait ainsi, dans unintérêt égoïste, un blâme flétrissant, et peut-être d’inexo-rables vengeances ; qu’il y avait là tout à la fois un fauxet une trahison, et que les signataires se devaient de pro-tester avec vigueur.

Animés par ces discours, Lacombe, Frédéric, Charpen-tier , Lachapelle se plaignirent, en effet, avec beaucoupd’amertume, de l’usage qu’on avait fait de leurs noms, etdes débats orageux s’élevèrent dans l’Ilôtel—de—Ville. Versla fin du jour, un affreux désordre y régnait. Rosset quiétait allé cherché des partisans, s’y présente tout-à-coupà la tête d’une bande d’hommes armés. 11 éclate en me-naces contre l’ancienne autorité municipale que repré-sentait seul en ce moment M.ÉtienneGautier. Puis s’adres-sant aux chefs des ouvriers, il leur reproche d’abandonnerla cause du peuple qui leur était confiée. Le maire et lepréfet ne sont plus rien, s’écrie Dervieux à son tour : lepeuple seul commande aujourd'hui : il a droit de choisirses chefs. Debout sur un fauteuil, M. Étienne Gautiercherchait à dominer cette scène tumultueuse, et adjuraitla foule de rester fidèle à l’autorité légale, lorsque Filhols’élance le visage enflammé et le pistolet à la main, me-naçant Lacombe de lui brûler la cervelle. Le moment étaitdécisif; mais les hommes qui aspiraient à diriger le mou-vement politique n’avaient pour jouer ce rôle ni une con-sistance assez grande ni une intelligence assez élevée. Peuconnus des ouvriers, ils parlaient un langage nouveauque sa violence seule aurait pu faire agréer de la foule,