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Tome troisième.
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HISTOIRE DE DIX ANS.

passèrent pas la journée à garder les propriétés des fabri-cants, s’employèrent à effacer les sanglants vestiges ducombat. Les uns faisaient le service d'infirmiers dans lessalles de l'Ilôtel—de-Villo où avaient été établies des ambu-lances; les autres s'occupaient à faire des brancards et àtransporter à fltôtel-Dieu les blessés, qui bientôt s’y trou-vèrent réunis au nombre de trois cents-, d'autres, enfin,s'en allaient cherchant par la ville les cadavres de leursamis disparus. Besogne poignante et qui, pour beaucoup,fut inutile, un grand nombre de victimes ayant été jetéesdans les deux fleuves !

Pendant que les ouvriers se livraient à ces soins pieux,les bourgeois, revenus de leur stupeur, songeaient au len-demain et prenaient leurs mesures. Déguisés en ouvriers,ils allèrent, quand la nuit fut venue, se mêler à tous lespostes, de sorte que. pour se faire reconnaître et obéir,les anciennes autorités n'eurent plus qu'à se montrer. Lesoir, en elfet, à la lueur des torches, M. Dumolard sortitde l'hotel de la préfecture. Il se présenta successivementà tous les postes, suivi de quelques hommes dévoués.A chaque balte, des bourgeois en veste et en casquettevenaient grossir son cortège, qui se composait de près desix cents hommes, lorsqu’il parvint à l'Hôtel-de-Ville.

A dater de ce moment, les vieilles formes imposées àcette société malade et inepte reprirent tout leur empire.L'autorité continua néanmoins à s’adjoindre quelquesouvriers, et entr autres, un grillageur, nommé Buisson :il fallait amuser le peuple pendant quelques jours. On ou-vrit aussi une souscription en faveur des ouvriers, et plu-sieurs personnages importants souscrivirent pour de fortessommes, qui ne devaient jamais être versées.