CHAPITRE III.
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la théorie et la pratique. I)'un autre coté, Saint-Simon netarda pas à remarquer que le corps des savants n'étaitplusqu'un corps sans chaleur et presque sans vie, qu'entoute occasion il recevait l'impulsion au lieu de la don-ner; tandis que l'industrie, au contraire, grandissait avecrapidité, animait la société de son souille, prenait en toutechose une initiative hardie, se montrait enfin assez fortepour tenir en échec la souveraineté brutale du glaive etcontrebalancer le génie de Napoléon.
11 résolut donc de s'adresser aux industriels , et danstous les écrits qui marquèrent cette seconde période de savie intellectuelle, l'industrie occupa la place que, dans sesprécédents ouvrages, il avait assignée à la science. Pre-nant pour devise « tout par et pour l'industrie», il dé-clara que le temps était venu d'arracher à l'oisiveté sacouronne, que le temps était venu d'inaugurer le règnedu travail. Le roi, il en faisait le chef des industriels; ilvoulait que les ministres fussent tout simplement des in-dustriels éclairés, choisis pour préparer le budget et leféconder; il demandait que l’assiette des impôts qui don-nent le droit électoral, fût établie de manière à substituerl’influence du cultivateuràcelle du propriétaire oisif,c’est-à-dire l'homme qui paie la rente à celui qui la reçoit; ilproposait, en un mot, plusieurs moyens qui, tous, ten-daient à faire passer la puissance politique des mains dumilitaire, du légiste, du rentier, aux mains de l'industriel.
Ce n'était là évidemment qu'une théoriede circonstance,d’une valeur contestable, et qui ne révélait, après tout,que le côté politique des vues du réformateur. Car com-ment l'industrie, abandonnée à elle-même, aurait-ellepourvu aux besoins moraux et intellectuels del’humanité?