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HISTOIRE DE DIX ANS.
pense équitable et suffisante que la joie qu’il dut ressentirquand son génie eut découvert les lois qui gouvernentles mondes. Il y a deux choses dans l'homme : des besoinset des facultés. Par les besoins, l'homme est passif; parles facultés, il est actif. Par les besoins, il appelle sessemblables à son secours-, par les facultés, il se met auservice de ses semblables. Les besoins sont l’indicationque Dieu donne à la société de ce qu’elle doit à l'individu.Les facultés sont l’indication que Dieu donne à l’individude ce qu'il doit à la société. Donc, il est dû davantage àcelui qui a le plus de besoins 1 , et il est permis d’exigerdavantage de celui qui a le plus de facultés. Donc, d’aprèsla loi divine écrite dans l’organisation de chaque homme,une intelligence plus grande suppose une action plusutile, mais non pas une rétribution plus considérable; etl’inégalité des aptitudes ne saurait légitimement aboutirqu'à l’inégalité des devoirs *. La hiérarchie par capacitésest nécessaire et féconde; la rétribution par capacités estplus que funeste, elle est impie.
1 L’homme a des besoins physiques, dont la nature elle-même assignela limite. 11 a des besoins moraux qui, dans une association régulière etprogressive, trouveraient à se satisfaire et à se développer collectivement.Quant aux besoins purement factices, que crée une civilisation vicieuse etcorrompue, et d’où peuvent naître des exigences extravagantes, ils neconstitueraient, dans une association régulière, que des maladies indivi-duelles que la société se devrait, non pas d’alimenter, mais de guérir.
2 Comment faire passer ce principe dans l’application? Une semblableexposition ne saurait entrer dans le cadre de cet ouvrage. Nous avons dûnous borner à montrer le côté vulnérable des innovations saint-simonienues.Encore la nature de notre livre ne comportait-elle pas une critique détailléedu saint-simonisme, dont nous n’avons dit que ce qui pouvait le mieux enfaire apprécier la signification sociale et la véritable portée.