Band 
Tome troisième.
Seite
159
JPEG-Download
 

CHAPITRE IV.

159

difficile, l'inégalité des rangs disparaît pour faire placeà l’inégalité des courages : Poncelet ne tarda pas à acqué-rir, dans la conspiration, l'importance que le péril assi-gne à l’audace. Il fut admis auprès du maréchal de Francesur qui l’on comptait pour le lendemain d'un succès, etle maréchal lui dit : « Quand vous monterez à FHôtel-de-« Ville , je serai à cheval, soyez-en sûr, et je n'hésite-« rai pas à me mettre à la tête du gouvernement provi-« soire. »

Cependant, la nouvelle s’était répandue que, dans lanuit du 1" au 2 février, un grand bal devait avoir lieu àla Cour. L’occasion était bonne pour les conjurés; car ilscomptaient des complices jusque dans la domesticité duchâteau, ils étaient en possession de cinq clefs ouvrantles grilles du jardin des Tuileries , et l’entrée du Louvreleur était promise. Il fut donc convenu que, dans la nuitdésignée, les uns se réuniraient par détachements surdivers points de la capitale, pour partir de là, au signalconvenu, et marcher vers le château, tandis que, se glis-sant dans l'ombre des ruelles qui conduisent au Louvre,les autres pénétreraient dans la galerie des tableaux,feraient irruption dans la salle de bal, et, grâce au désor-dre de cette attaque imprévue, s’empareraient de la fa-mille royale. Des marrons , espèces de petites bombes,auraient été lancés au milieu des voitures stationnantaux portes du palais ; des chevalets, morceaux de boisgarnis de pointes de fer, auraient été semés sous les piedsdes chevaux; enfin, on se croyait en droit d’espérer quedes pièces d'artifice seraient disposées dans la salle despectacle, de manière à pouvoir, en mettant le feu à lacharpente, augmenter la confusion. Ce plan fut définiti-