CHAPITRE IV.
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connaître et commander? Pourquoi, enfin, les somma-tions, rigoureusement prescrites par la loi, n’avaient-ellespas été faites? Et, l'eussent-elles été, à quoi, hélas! au-raient-elles servi, puisque l’ordre avait été donné, non dedissiper le rassemblement, mais de le cerner?
A ces imprécations qui rejetaient sur M. Maurice Duvaltoute la responsabilité du sang versé, la plupart mêlaientle nom du 35 e de ligne, trop fidèle exécuteur d’ordresbarbares ; mais ceux qui appréciaient les choses avec plusde calme, voyaient dans les soldats des malheureux plusà plaindre qu’à blâmer. Ils faisaient remarquer que lesexigences de la discipline militaire sont absolues, impi-toyables ; qu’il est facile d’égarer des hommes rompus àune obéissance passive ; que tant de malheurs provenaientplutôt d'un système qui, pour se défendre, préférait à lagarde nationale spécialement chargée du maintien del’ordre, des bataillons dont les baïonnettes ne devraientjamais être tournées que contre l’ennemi ; qu'il n’était pasjuste, d’ailleurs, de rendre tous les soldats responsablesd’excès qui n’avaient été, qui n’avaient pu être que lecrime de quelques-uns.
Augmentée par ces discours, la colère publique allaitcroissant, et elle était partagée par les autorités elles-mêmes. Le procureur général, M. Moyne, ne se cachaitpas pour exprimer son indignation. Une enquête était ré-clamée de toutes parts : la cour royale évoqua l'affaire.En même temps, sur la réquisition du préfet, qu'avaientdevancée leurs propres inspirations, les conseillers muni-cipaux convoquaient la garde nationale, et le rappel bat-tait dans tous les quartiers. Des jeunes gens non incorpo-rés à la garde couraient ça et là demandant des armes.