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Tome troisième.
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CHAPITRE IV.

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adversaire, évita le sabre levé sur sa tète, et d’un coup depointe étendit le militaire à ses pieds.

Pendant deux, mois, des duels presque quotidiensmirent aux prises les militaires du 35° et les habitants.Et toujours ce fut aux habitants que demeura l’avantagedu combat : circonstance à laquelle les croyances popu-laires se plurent à attacher une signification toute provi-dentielle ! Le 9 mai, à la suite d’un nouveau duel et àl’occasion d’un drapeau blanc arboré par un officier du 35 eet arraché à celui-ci par un habitant, la querelle devintgénérale à l’esplanade de la porte de France. Malgré l’in-tervention conciliante des dragons et de quelques officiers,des soldats et des citoyens furent blessés. L’irritation étaitaussi grande que dans les journées des 11 et 12 mars : legénéral Delort fut obligé de consigner, comme l'avait faitle général Saint-Clair, le 33 e dans ses casernes, dont dessoldats des autres régiments durent garder les avenues.La municipalité écrivit sur-le-champ au ministère unelettre énergique, déclarant que si le 35 e n’était pas immé-diatement éloigné, elle était déterminée à donner sadémission. Il fallait un terme à cette cruelle situation.Le 20 mai, le 33 e quitta Grenoble pour la seconde et der-nière fois.

Le sang du citoyen versé par la main du soldat; unegénéreuse cité plongée dans le deuil, poussée ensuitejusqu’aux confins de la révolte; l’autorité vaincue, etréduite à se dédommager de la perte de sa force moralepar l’étalage grossier de sa force matérielle ; une arméeloyale et brave détournée violemment de sa mission : lahaine semée entre des citoyens et des militaires, faits pours’aimer et tous enfants de la même patrie, voilà par quels