CHAPITRE V.
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nomme Jacobéus. Puis, souvent, avec une animosité égale,avec une égale injustice, les parLis se renvoyaient mutuel-lement la responsabilité de tous les maux. Après avoiraccusé les « éternels ennemis de l’ordre » — injure offi-cielle, — d’empoisonner le peuple pour se ménager lemoyen de calomnier le gouvernement, la police fut accuséeà son tour d’avoir excité l’émeute de Sainte-Pélagie ,pour avoir occasion de l’étouffer dans le sang; et de cesaccusations, parties des deux camps, on ne saurait direlaquelle était la plus absurde, la plus inique.
Mais là ne se bornèrent pas les désordres. Le peuple,qui croyait aux empoisonnements, se mit à maudire lesmédecins. Il se rassemblait en tumulte à la porte des hô-pitaux, et se répandait en plaintes ou en menaces. Unjour, on transportait un cholérique à l’IIôtel—Dieu, et lafoule, en le voyant passer, se précipitait en tumulte. Lemédecin qui accompagnait le malade s’avance alors, soulève la couverture qui cachait la victime, et montrant aupeuple, qui recule d’épouvante, cette face livide, ces yeuxéteints, cette bouche béante : « Vous ne croyez pas au« choléra? s’écrie-t-il, eh bien, voici un cholérique ! »Pour passer par de pareilles épreuves, il fallait une sin-gulière force d’àme ; mais le courage ne manqua pas auxmédecins, dont la conduite fut en général digne d'élogeet quelquefois d’admiration. Exposés aux coups d’une co-lère aveugle, ils la bravèrent avec le même sang-froidqu’ils mettaient à affronter la maladie, et l’on en vit qui,pour éviter le risque d’être arrêtés et retardés dans leursvisites aux malades, traversèrent la ville en veste et encasquette, comme de simples ouvriers.
Malheureusement les avis différaient d’une manière