CHAPITRE V.
219
moire publié sur le choléra-morbus, M. le baron Larrey indiquait comme les meilleurs topiques, les ventousesscarifiées, les vésicatoires volants, composés de cantha-rides et de camphre, les frictions sèches avec de la laine,les onctions avec les huiles aromatiques. En sa qualité depremier médecin du quartier-généralde l’armée polonaise,M. Wolowski avait fait sur le choléra des études appro-fondies : il en distinguait de deux sortes, le choléra asthé-nique et le choléra inflammatoire, et il combattait le pre-mier par l’eau de menthe poivrée très-chaude, par l’opiumà haute dose, par des frictions avec de la flanelle, par dessvnapismes et des ventouses sèches, appliqués sur les ex-trémités, sur le ventre et sur l’estomac ; contre le secondil avait recours aux saignées, à l’usage d'une potion com-posée, dans des proportions déterminées, de salep, d’eaucommune et de laurier cerise, et aussi à l’application deventouses mouchetées sur le ventre, la poitrine et l’épinedorsale. Cette énumération, qu’il serait inutile et fasti-dieux de prolonger, suffit pour montrer combien les mé-decins étaient loin de s’entendre sur le choix des meil-leurs moyens curatifs à employer.
Il y avait alors parmi eux un homme hardi et puissant,qui, continuateur de Bichat, n’avait pas aspiré à moinsqu’à introduire une révolution complète dans la médecine.Convaincu que le fondement de la science médicale nesaurait être ailleurs que dans la connaissance du corpshumain et du jeu de ses organes, dans la physiologie, ilvoulait qu’au lieu de juger seulement les maladies parleurs effets, on les étudiât dans leur cause, et cette cause,il croyait l’avoir trouvée dans une altération du tube intes-tinal et de l’estomac. Son principe était celui-ci : toutes les