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HISTOIRE DE DIX ANS.
Enfin, la maladie s’apaisa, mais non sans avoir étendusur le domaine de la politique son invincible influence.
Il avait été décidé, à la cour, que le duc d’Orléans visi-terait les hôpitaux. Casimir Périer accompagna le prince -,et cette démarche était un acte incontestable de courage.,,de la part d'un homme qui portait en lui depuis long-temps un germe funeste, dont les nerfs étaient irritables,à l’excès, et que l’idée seule d’un cadavre faisait tres-saillir. Le fait est que Casimir Périer garda de sa visiteaux cholériques une impression ineffaçable, et ne cessa,depuis ce jour, de pencher de plus en plus vers le tom-beau. On le sut, et par suite de cette importance exagé-rée que dans toute monarchie on attribue à l’action indi-viduelle , les souffrances de Casimir Périer devinrentl’objet de toutes les préoccupations. Les partis se donnè-rent, pour ainsi dire, rendez-vous autour de son lit dedouleur; on mit en discussion son agonie; ses ennemisfirent tout haut le compte des minutes qu’il avait encoreà vivre ; quelques-uns même semblèrent regretter qu’unemort sans éclat vint reléguer le châtiment d’un tel hommedans l’histoire.
Et lui, pendant ce temps, il ajoutait à ses maux physi-ques les tounnentsdc sa pensée, averti qu’il était du déclinde son ascendant Car la volonté patiente du roi avaitfini par lasser l'impétuosité du ministre. Casimir Périer ,dans les derniers temps, s’était vu souvent contraint deplier sous un pouvoir supérieur au sien ; et chez lui, lesblessures de l'orgueil étaient les plus cuisantes. Alors, ils’étudia plus que jamais à couvrir ses humiliations secrètespar le faste et l'arrogance de son dévoùment ; alors, plusque jamais, il se plut à dénigrer le maître. Mais, pour